Y aura-t-il un vote ou non pour adopter le budget 2026 ? L’hypothèse a du plomb dans l’aile à mesure que les débats avancent à l’Assemblée nationale. Car s’il y a des débats justement, ils sont décousus, voire houleux depuis la reprise mardi 13 janvier. A tel point que le gouvernement a tiré la sonnette d’alarme jeudi dans l’hémicycle. «Nous nous éloignons définitivement d’un texte de compromis acceptable par une majorité de députés», a déploré le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous.

Résultat, comme l’a appris Le Parisien, les débats prévus ce vendredi et lundi 13 janvier à l’Assemblée sont annulés et l’éventualité d’un texte sans vote est de plus en plus plausible. Si les discussions ont été renvoyées à mardi prochain, le Premier ministre décidera s’il utilise l’article 49.3 ou une ordonnance. En outre, Sébastien Lecornu est attendu ce vendredi pour faire des propositions afin de «permettre une promulgation d’un budget de compromis».

Des arbitrages ce week-end ?

Depuis plusieurs jours déjà, l’hypothèse d’une utilisation du 49.3 était dans toutes les têtes, les figures du gouvernement que sont Maud Bergeon (la porte-parole) et Amélie de Montchalin (ministre des Comptes publics) avaient évoqué son recours si aucun compromis n’était trouvé. Amélie de Montchalin a répété jeudi soir qu’il restait «deux options» : le 49.3 ou les ordonnances, car l’adoption d’un budget devient cruciale.

Mais le temps presse, rappellent nos confrères, car Sébastien Lecornu doit se décider avant le vote de la partie recettes. Or, si elle est rejetée, le texte serait envoyé directement au Sénat. Toutefois, l’hypothèse d’un budget adopté avant mi-février se referme, avance l’entourage du Premier ministre, et des arbitrages devraient avoir lieu ce week-end.

Quelle sera l’option choisie ? Les ordonnances ont l’avantage de faire adopter un budget sans vote, que le Premier ministre soit censuré ou non. Mais cette option ne plaît pas à tout le monde. Dans l’opposition, comme le Rassemblement national, on tance déjà les «mensonges» du socle commun, alors que le gouvernement avait ouvertement indiqué qu’il n’utiliserait pas le 49.3 et que les ordonnances avaient été écartées.