Le carburant est cher, mais le gouvernement ne prévoit pas d’aide généralisée, que ce soit une remise à la pompe ou une baisse des taxes. C’est une bonne chose pour Pierre Moscovici. Le membre de la Cour des comptes européenne estime que, de toute façon, «nous n’avons plus les moyens», lors d’un entretien à LCI, dimanche trois mai. «Nos finances publiques sont dans une situation extrêmement dégradée [...] Nous avons un déficit qui est supérieur à 5% du PIB, la troisième dette publique d'Europe, à 115-118% du PIB, une charge de la dette annuelle qui va dépasser, et de loin, le budget de l'Éducation nationale, à 74 milliards d’Euros», argumente-t-il.

«Il ne faut surtout pas revenir à la politique du chéquier. Ce serait une erreur fatale», ajoute Pierre Moscovici. Mais le gouvernement a favorisé l’aide ciblée aux gros rouleurs, ce qui a été salué par l’ancien ministre de l’Économie. Celui-ci estime aussi que des aides généralisées, comme préconisées par certains partis, seraient en plus un «mauvais signal» au regard de la transition énergétique. Il faut dire que cette crise du pétrole a été très positive pour le secteur des véhicules électriques.

La taxation des superprofits comme solution supplémentaire

Pierre Moscovici estime que, pour le moment, les décisions prises par le gouvernement sont les bonnes, entre aides ciblées et demande de responsabilisation des distributeurs pour limiter leurs marges. Il considère que «la fiscalité, ce n’est pas ce qu’il faut faire en premier [...] Mais c'est un instrument démocratique essentiel». Alors si le prix du baril restait à un niveau aussi élevé, «au-dessus de 120 dollars» sur le long terme, il faudrait agir. Il considère d’ailleurs que cela pourrait se faire avec «la taxation des superprofits» des acteurs du secteur, vivement critiqués depuis le début de la crise.