Voici un butin pour le moins original. La statue en cire d'Emmanuel Macron a été dérobée au musée Grévin ce lundi matin par des militants de Greenpeace qui l'ont ensuite déposée devant l'ambassade de Russie en signe de protestation contre les liens économiques de la France avec la Russie, a appris l'AFP. Selon une source policière, deux femmes et un homme, se faisant passer pour des touristes, ont pénétré dans le musée parisien, situé dans le 9e arrondissement de la capitale.

Après s'être changés, se faisant passer cette fois pour des artisans ou des employés de l'établissement, ils ont réussi à dérober la statue, d'une valeur de 40 000 euros et dissimulée sous une couverture, en sortant par une issue de secours. La statue du président de la République française a ensuite été déposée devant l'ambassade de Russie, située dans le 16e arrondissement, a constaté une journaliste présente sur les lieux.

Dénoncer la position française vis-à-vis de la Russie

«Pour nous la France joue un double jeu» et «Emmanuel Macron incarne ce double discours : il soutient l'Ukraine mais encourage les entreprises françaises à continuer à faire du commerce avec la Russie», a déclaré Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. «On vise nommément Emmanuel Macron, parce qu'il a une responsabilité toute particulière dans cette situation-là», a-t-il ajouté. «C'est lui qui devrait être le premier dans les discussions européennes» pour mettre fin aux contrats commerciaux entre la Russie et les pays européens.

En 2018, la statue en cire d'Emmanuel Macron avait fait l'objet de critiques et de moqueries lorsqu'elle avait été dévoilée. Le président du musée Grévin avait lui-même jugé la sculpture «pas belle» et envisageait même alors de la refaire. «Un visage angoissé et crispé, une statue figée qui ne vit pas, ce n'est pas beau, il y a quelque chose qui ne va pas», commentait Yves Delhommeau.