Elle est loin, cette soirée du 17 mars 2020. À l’issue de la première journée d’une France entière sous cloche, les néo-confinés ouvraient grand leurs fenêtres pour applaudir, des mains ou des casseroles, le courage des soignants sur le front de l’épidémie de Covid-19. Le tout, avec en bruit de fond le décompte des contaminations et des décès en début du journal télévisé de 20 heures. Déprogrammations, burn-out… La crise sanitaire a très vite exacerbé les maux dont l’hôpital - et les patients - souffraient silencieusement. Trois ans plus tard, après plusieurs budgets de la Sécu et un vaste Ségur de la santé, son cœur est-il suffisamment robuste pour surmonter de futures pandémies ?

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Pas si sûr. “Ces dernières années, il y a eu des mesures d’économies qui ont fait que les établissements de santé ont moins recruté de soignants”, expose Vincent Roques, directeur du cabinet de la Fédération hospitalière de France (FHF). Face à la demande de soins, qui croît sous l’effet du vieillissement de la population et de la hausse démographique, les hôpitaux ont dû “faire des efforts de productivité”... avec moins de personnel que ce qu’aurait nécessité l’évolution de l’activité. “70% des dépenses de l’hôpital concernent les salaires des ressources humaines”, ajoute Vincent Roques, expliquant la baisse des effectifs.

Sauf que cette politique a mis un coup de pression aux soignants encore en poste pendant la crise sanitaire. Si bien que certains ont jeté l’éponge et ont complètement changé de vie, se réorientant dans d’autres secteurs d’activité. Résultat, aujourd’hui, l’hôpital public affiche 5% de postes vacants chez les infirmiers, 2,5% parmi les aides-soignants. “Soit 20.000 professionnels de santé au total”, souligne le directeur de cabinet de la FHF. Et c’est sans prendre en compte la hausse de l’absentéisme qui tourne autour de 10%. Le tout, malgré les revalorisations salariales actées lors du Ségur de la santé en 2020. “Elles représentent 10 milliards d’euros supplémentaires par an pour tous les professionnels de santé”, précise Vincent Roques.

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