Après les grèves du 19 et du 31 janvier contre la réforme des retraites, celle contre le Ségur de la santé. Ce jeudi 2 février, plusieurs organisations syndicales ont appelé à une journée de mobilisation en soutien aux (encore nombreux) oubliés du Ségur. Pour rappel, depuis la signature d’accords en juillet 2020, une augmentation - qui prend la forme d’un complément de traitement indiciaire (CTI) - de 183 euros net par mois est accordée à certains professionnels de la santé, du soin, du social et du médico-social.

A d’abord été concerné l’ensemble des personnels des établissements hospitaliers et des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) relevant de la fonction publique hospitalière. La mesure a ensuite été étendue aux personnels des Ehpad privés et à ceux travaillant dans des Ehpad relevant de la fonction publique territoriale, ainsi qu’à 18.500 agents travaillant pour des services sociaux et médico-sociaux rattachés à un hôpital public (soins à domicile, accompagnement de personnes handicapées...) ou à d'autres structures mutualisées entre plusieurs établissements (pharmacies, blanchisseries).

Depuis avril 2022, le bénéfice de ce complément de salaire est également accordé à certains professionnels du social et du médico-social travaillant dans le secteur associatif privé non lucratif ou la fonction publique. Le hic, c’est que de nombreux professionnels ont été oubliés dans le cadre de ces différentes vagues de revalorisation décidées lors du précédent quinquennat. À partir de plusieurs dizaines de témoignages reçus, Capital dresse une liste (non exhaustive) des agents publics et salariés encore exclus du Ségur de la santé.

Plus de 30.000 oubliés potentiels dans le social et le médico-social

Rien que dans la filière sociale et médico-sociale, on estime à “près de 3.000” le nombre d’agents exclus relevant de la fonction publique hospitalière et “il faut au minimum multiplier ce nombre par 10 dans le privé associatif”, signale Christophe Climaco, responsable départemental de la CGT Santé et action sociale. Dans le social et le médico-social, grâce à un dernier décret paru le 30 novembre dernier, tous les personnels relevant de la fonction publique ont - en théorie - droit au Ségur désormais, à l’exception des personnels administratifs et techniques (secrétaires, assistants de direction, employés des services généraux, etc.). Dans le secteur associatif privé à but non lucratif, ces mêmes professionnels sont exclus, ainsi que “d’autres personnels spécialisés, comme certains encadrants sportifs selon leur niveau de diplôme et certains enseignants spécialisés”, précise Lucie Stirer-Choubrac, de la CGT Santé et action sociale.

Interrogé, le ministère des Solidarités ne semble pas vouloir agir directement pour intégrer ces personnels au Ségur. “L’État est engagé aux côtés des représentants des employeurs et des salariés à la construction d’une convention collective unique pour le secteur social et médico-social. C’est la condition d’une revalorisation durable des parcours professionnels de l’ensemble des personnels du secteur, y compris techniques et administratifs”, nous indique-t-on au ministère. En effet, le secteur privé non lucratif de la filière sociale et médico-sociale est actuellement régi par plusieurs conventions collectives. Des négociations entre les organisations syndicales et patronales représentatives sont engagées depuis plus d’un an pour les harmoniser et aboutir à une convention unique, qui permettrait d’intégrer les personnels administratifs et techniques aux revalorisations salariales. Mais ces discussions sont actuellement au point mort.

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