Laure Quenouëlle-Corre est devenue en quelques années une des meilleures spécialistes de l’histoire de la finance budgétaire française, qu’il s’agisse de la direction du Trésor ou, avec son dernier ouvrage fouillé et vivant, de la dette française. Elle a travaillé en parallèle sur les faits historiques et sur l’évolution de l’opinion publique, à travers l’étude de la presse et des sondages. Et elle porte la bonne parole «dès qu’on m’invite», y compris dans les écoles en région. Car la citoyenne Quenouëlle-Corre ne se résout pas à cette croissance continue de notre endettement qui, pour elle, est le symptôme d’une dégringolade tout aussi continue de notre puissance économique.

La dette française est une spécificité mondiale, dites-vous ?

Laure Quennouëlle-Corre : La dette française, c’est une exception mondiale. Le caractère continu, non réversible de notre endettement sur cinquante ans. Le poids de notre Etat social qui entrave tout. Et, cerise sur le gâteau, des débats sans fin sur la «bonne» et la «mauvaise» dette. Voilà le déni français : un sujet majeur quasi absent des campagnes électorales.

Certains invoquent le Covid…

Le Covid a bon dos. La vérité, c’est que la France est arrivée fragilisée au début du XXIe siècle pour affronter les trois grandes crises. Après la crise des dettes souveraines, en 2003, nous en étions à 1 000 milliards. En 2019, 2 000 milliards avant le Covid. Et maintenant 3 000 milliards, mais nous étions en surendettement avant le Covid. Et nous n’avons même pas profité des taux nuls, voire négatifs, pour réduire cette dette.

Comment en est-on arrivé là ?

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