a promesse était belle, le rendement aussi, et le temps de travail relativement modeste… Pourtant, de nombreux internautes seraient visiblement tombés dans le panneau de la plateforme Flairwork, explique Le Parisien. Depuis leur téléphone, ces Français n’avaient finalement pas grand-chose à faire : rédiger des avis (parfois faux) sur des sites internet en échange de rétributions, versées en cryptomonnaies, en Tether plus précisément. Suivant une grille tarifaire mise en place sur le site, les internautes pouvaient toucher des centaines voire des milliers d’euros par mois.

Selon le document consulté par nos confrères, le niveau six donne droit par exemple à 500 dollars par jour et le huit jusqu’à 3 100 dollars. Trop gros pour être vrai ? D’autant que pour accéder à ces niveaux, les internautes doivent payer une sorte de droit d’entrée, en plus de l’inscription sur le site, fixée à 40 euros. Interrogé par Le Parisien, un électricien habitant en Ariège indique s’être fait piéger. Il croyait pourtant «à une aubaine» à l’origine. Au total, il dit avoir investi 800 euros dans la plateforme avant que son compte ne soit bloqué du jour au lendemain.

Jusqu’à 10 000 euros versés pour certains

En effet, selon lui, pour continuer à gravir les échelons après son inscription, il discutait avec une référente. Celle-ci lui aurait demandé de recruter de nouveaux membres. S’il a trouvé cela «bizarre», il a hésité et continué, avant de suspecter une arnaque basée sur la pyramide de Ponzi. S’il n’a aujourd’hui aucune preuve, l’homme a enquêté et retrouvé sur Telegram d’autres potentielles victimes. Au total, une trentaine se sont manifestées et ont lancé une pétition intitulée «Les arnaqués de Flairwork».

A ce jour, la plateforme fonctionne toujours, ce qui a le don d’agacer les victimes interrogées par nos confrères. D’autant que si l’arnaque est avérée, elle serait bien ficelée. Une autre victime, résidant dans le Haut-Rhin, confie avoir pu retirer des sommes à plusieurs reprises à la suite de son inscription en juin. Mais à chaque fois, il fallait injecter plus. Au final, s’il a touché environ 3 000 euros, il a «en échange versé 10 000 euros en une dizaine de virements».

Une escroquerie, pour la Répression des fraudes

Basée aux Etats-Unis, selon ses dires, Flairwork travaillerait avec de nombreux géants de la grande distribution ou du e-commerce. Toutefois, le compte sur lequel les plaignants ont versé de l’argent se trouve… à Malte. L’habitant du Haut-Rhin dispose toujours de sa cagnotte (potentiellement 32 000 dollars), mais impossible d’y toucher sans remettre au pot, indique-t-il. Contactée par Le Parisien, la plateforme Flairwork n’a pas souhaité répondre. La Répression des fraudes juge de son côté qu’il s’agit d’une escroquerie et donc que cela ne relève pas de ses compétences. Certaines victimes ont déjà porté plainte.