
Si les négociations se poursuivent, les menaces de Donald Trump sont claires : au 1er août, le Vieux Continent sera frappé de 30% de surtaxes américaines. Depuis la sortie du président américain, la France plaide pour la méthode forte : Thierry Breton souhaite des «mesures anti-coercition» et le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a laissé entendre que la France pourrait utiliser le «bazooka» commercial. C’est désormais au tour de son collègue du gouvernement, Marc Ferracci, de hausser le ton, a repéré BFMTV.
Rappelant que depuis trois mois, «les négociations n'ont pas abouti au résultat escompté» et que «la position américaine s’était même durcie», le ministre de l’Industrie et de l’Energie veut «changer de méthode» afin de «se mettre dans une posture de négociation plus ferme et plus crédible». Dans le viseur de Marc Ferracci, les nouvelles concessions réclamées par Donald Trump. Or, selon le ministre, «les positions en Europe tendent à évoluer».
Marc Ferracci souhaite des «ripostes»
L’Union européenne a bien préparé des contre-mesures de près de 100 milliards d'euros de commerce américain, dont une liste de produits à taxer, tout en espérant un accord d’ici fin juillet. Le 16 juillet, le négociateur commercial de l’UE, Maroš Šefčovič, était encore à Washington. Pourtant, selon Marc Ferracci, «les Etats-Unis cherchent un accord asymétrique» et les conséquences pourraient être énormes pour les entreprises françaises.
«Certaines filières industrielles ont parlé d'un danger mortel. Des droits de douane à 30% auraient des conséquences absolument dramatiques sur l'ensemble des chaînes de valeur», a mis en garde le ministre. Marc Ferracci a donc plaidé pour «un certain nombre de ripostes dans l'hypothèse où un accord ne serait pas trouvé». Reste à la France de convaincre ses homologues européens. Selon BFMTV, Emmanuel Macron doit se rendre à Berlin mercredi 23 juillet dans le but de convaincre le chancelier allemand Friedrich Merz, favorable à un accord avec les Etats-Unis.
Mais la partie est loin d’être gagnée, car l’Allemagne dépend des exportations industrielles américaines et ne souhaite pas d’escalade commerciale. Il y a quelques jours, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, avait répondu sèchement à la France sur «l'instrument anti-coercition» : «Nous n'en sommes pas encore là.» Mais le temps presse désormais.



















