
En mai et juin 2025, deux porte-avions chinois, appelés Liaoning et Shandong, ont franchi la «première chaîne d’îles». Une zone conçue comme une ligne stratégique dans l’ouest du Pacifique incluant Taïwan et Okinawa, et où sont stationnées des troupes américaines. Selon les informations du New York Times, ces deux navires ont ensuite pris la direction de Guam, territoire des États-Unis, où sont situées d’importantes bases militaires de la région.
Pendant cette opération, les deux bateaux ont réalisé de nombreux exercices : jusqu’à 90 décollages et atterrissages d’avions chasseurs par jour. De leur côté, les autorités japonaises ont aussi observé des comportements jugés menaçants, comme des avions chinois volant très près de leurs appareils de surveillance. Si ces manœuvres ne sont pas inédites, leur ampleur et leur portée géographique suscitent beaucoup d’interrogations.
Une stratégie navale qui s’affirme
Cette démonstration militaire se déroule dans un moment de tensions croissantes dans la région indo-pacifique, marquée par la rivalité entre Pékin et Washington. Taïwan y reste l’un des points de cristallisation, que la Chine considère comme une province rebelle à réintégrer. Pour les États-Unis, soutiens militaires de l’île, l’opération chinoise portée par ces deux porte-avions est un signal clair : celui d’une armée qui entend faire démonstration de sa puissance au-delà de ses côtes.
Pour Christopher Sharman, spécialiste des forces navales chinoises cité par le New York Times, ces exercices sont aussi un moyen pour la Chine de faire naviguer ses porte-avions sur de longues distances, en dehors de ses eaux territoriales. L’armée chinoise, restant encore peu expérimentée sur ce terrain, pourrait chercher à renforcer ses capacités. Aujourd’hui, Pékin ne dispose que de trois porte-avions à propulsion conventionnelle, contre onze pour les États-Unis, à propulsion nucléaire. Mais d’ici 2040, la Chine espère doubler son nombre de navires et gagner en autonomie sur les mers.


















