Le salon international de l’aéronautique et de l’espace, plus connu sous le nom de Salon du Bourget, a ouvert ses portes ce lundi 16 juin. Cet événement majeur de l’industrie aérospatiale mondiale constitue une vitrine des dernières innovations technologiques et un lieu d’échanges sur les grands enjeux stratégiques du secteur. Parmi les sujets au cœur des discussions : la compétition entre le F-35 américain et le Rafale français, deux avions de chasse de nouvelle génération déjà adoptés par plusieurs pays européens.

Si le Rafale, conçu par Dassault Aviation, est le fleuron de l’industrie française, le F-35 de Lockheed Martin s’impose progressivement comme l’appareil de référence pour de nombreux alliés européens. Comme l’explique Delphine Papin du journal Le Monde sur France Culture, plusieurs facteurs expliquent ce choix. Tout d’abord, de nombreux pays européens, comme la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark ou la Finlande, utilisent des avions américains depuis des décennies. Depuis 1975, un véritable «club F-16» s’est formé en Europe ; passer au F-35 représente donc, pour ces Etats, une continuité logique sur les plans technique et stratégique.

Un choix stratégique pour les Allemands

En optant pour le F-35 pour remplacer ses Tornado vieillissants, l’Allemagne a, elle, réalisé un choix stratégique. L’avion de chasse américain est en effet le seul capable de transporter les bombes nucléaires américaines B-61, essentielles pour le «parapluie nucléaire» de l’OTAN, auquel Berlin contribue. Le Royaume-Uni et l’Italie ont, quant à eux, préféré le F-35 au Rafale pour une tout autre raison : les deux pays européens ne sont pas seulement clients de l’avion de combat de Lockheed Martin, ils sont aussi fournisseurs.

«L’arrière du fuselage, le système électronique, les sièges éjectables ou encore le laser de ciblage sont produits au Royaume-Uni», détaille la journaliste. Et pour l’Italie, le F35 représente «un levier industriel», avec l’usine de Cameri, qui emploie 1 200 personnes et mobilise plus de 30 entreprises du pays, au cœur du dispositif.

Malgré la domination du F-35, le Rafale continue de séduire certains pays européens, notamment grâce à sa polyvalence, sa fiabilité, son coût compétitif et son indépendance vis-à-vis des technologies américaines.