«Sur le fond, ça n’a pas beaucoup de sens», si ce n’est de «montrer ses muscles». Les commentaires du Général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'état-major de l'Armée de l'Air, au micro de BFMTV, sont sans appel. Voir surgir à la surface deux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins en moins de 48h d’intervalle ne tient pas à la coïncidence, ni encore moins «à un problème technique».

Pour, habituellement, la mission de ces sous-marins est «de rester très discret». «On ne doit jamais savoir où ils sont», indique le Général Jean-Paul Paloméros, ajoutant que «nous ne sommes pas à l’aube de voir un sous-marin nucléaire faire surface n’importe où dans le monde». Et en effet, le 12 mai, un sous-marin nucléaire américain a été aperçu à proximité de Gibraltar. Le lendemain, un autre a cette fois été vu du côté de l'île de Guam, dans l'océan Pacifique.

«Un mode de communication nouveau, invraisemblable»

Le timing donne aussi des explications de ces surprenantes sorties. En effet, nous sommes en pleine visite de Donald Trump et des Etats-Unis en Chine, le moment de montrer la puissance militaire américaine. Ce qui est, pour le vice-amiral Michel Olhagaray «un mode de communication nouveau, invraisemblable [...] c’est une nouvelle façon d’exister en disant «nous sommes puissants et nous le montrons».

Sur BFMTV, il explique que «la façon d’agir de ces sous-marins est de ne pas les montrer». Pourtant, en réalisant cela, les Etats-Unis «ont montré à la face du monde un tiers de leur flotte opérationnelle, prête à tirer des missiles». Le sous-marin a une capacité de 24 missiles nucléaires à bord. Cela représente «100 fois Hiroshima. Un seul missile vous réduit un pays à néant», apprend-il : «Peut-être que les Américains se sont dits qu’à force de tout cacher, ce sont des éléments qui n’entrent pas dans la problématique générale».