Mercredi, à l'arrivée de Donald Trump au Royaume-Uni, le laboratoire britannique GSK a annoncé un investissement de 30 milliards de dollars sur 5 ans aux Etats-Unis. Cette annonce intervient au moment où les entreprises pharmaceutiques font face aux pressions du président américain, qui veut les pousser à investir et produire dans son pays. GSK fait aussi partie des 17 entreprises à qui Donald Trump a demandé de présenter des «engagements fermes» pour abaisser le prix de leurs produits aux Etats-Unis d'ici le 29 septembre, sous peine de représailles. Les 30 milliards comprennent «certaines sommes que GSK avait déjà prévu de dépenser de toute façon» aux Etats-Unis, nuance Steve Clayton, analyste chez Hargreaves Lansdown.

La visite d'Etat du président américain mercredi et jeudi au Royaume-Uni a déjà donné lieu à plusieurs annonces de partenariats et d'investissement entre les entreprises des deux pays. Londres a notamment enregistré mardi un investissement de 30 milliards de dollars de Microsoft et un autre de 5 milliards de livres (5,8 milliards d'euros) de Google. Parmi les 30 milliards de dollars de GSK, 1,2 sera investi «dans des installations de production avancées ainsi que dans l’IA et les technologies numériques», est-il précisé. GSK dit vouloir développer aux Etats-Unis des «usines et laboratoires biopharmaceutiques de nouvelle génération». Il prévoit notamment la construction dès 2026 d'une usine en Pennsylvanie «pour fournir de nouveaux médicaments» contre les maladies respiratoires et le cancer.

GSK espère contribuer à éviter les droits de douane

Le rival britannique de GSK, AstraZeneca, avait annoncé fin juillet vouloir investir 50 milliards de dollars pour la fabrication de médicaments et la recherche et développement d'ici 2030 aux États-Unis. D'autres groupes pharmaceutiques ont amorcé ces derniers mois un mouvement d'investissement et de relocalisation de la production aux États-Unis, premier marché mondial du médicament, à coups de dizaines de milliards de dollars. «GSK espère qu’en suivant» le mouvement, «ils contribueront à éviter les droits de douane spécifiques à ce secteur qui pourraient autrement leur être imposés», selon Steve Clayton.

Cette dynamique nourrit en parallèle les craintes d'une perte d'attractivité du Royaume-Uni dans le secteur. L'américain Merck avait ainsi renoncé la semaine dernière à achever la construction d'un centre de recherche à 1 milliard de livres (1,15 milliard d'euros) à Londres, blâmant la politique britannique. AstraZeneca a pour sa part confirmé vendredi avoir suspendu un nouveau projet d'investissement à 200 millions de livres au Royaume-Uni.