
«Notre position sur le champ de bataille est plus forte». Les mots du ministre des Affaires étrangères ukrainien dans un entretien accordé à plusieurs médias et diffusé mercredi 22 avril prennent tout leur sens. En effet, pour la première fois depuis septembre 2023, l'armée russe n'a enregistré quasiment aucun gain territorial en Ukraine lors du mois de mars, selon des données de l'Institut américain pour l'étude de la guerre analysées par l'AFP. «Nous avons minimisé l'avantage russe en effectifs grâce à l'utilisation de drones», a expliqué le chef de la diplomatie ukrainienne.
En effet, selon Andriï Sybiga, les forces ukrainiennes parviennent à «fermer le ciel» avec leur défense aérienne et peuvent abattre jusqu’à 90 % de drones et missiles russes visant des villes ukrainiennes. L’ouverture à des sociétés privées (entreprises énergétiques, groupes logistiques ou sécuritaires) pour qu'elles puissent s'équiper d'intercepteurs et de mitrailleuses lourdes soulage également l’armée.
Les troupes russes n’ont plus eu accès à Internet
Si les forces russes n’avancent plus territorialement, elles reculent même à certains endroits. Au début du mois d’avril, Kiev a revendiqué la prise de 480 kilomètres carrés depuis fin janvier, ce qui a conduit à libérer douze communes dans les régions de Dnipropetrovsk et de Zaporijjia. De plus, des robots terrestres, équipés de charges explosives ou de canons activés à distance, sont désormais au coeur de la stratégie militaire ukrainienne. Ces derniers sont aussi déployés pour des «missions de logistique et d’évacuation» des blessés, selon le ministère de la Défense.
Quant à l’armée russe, elle souffre d'un taux de recrutement en baisse et des tactiques de l'état-major ukrainien qui déciment ses troupes. Chaque mois, entre 30 000 et 35 000 militaires russes sont tués, selon Volodymyr Zelensky. Par ailleurs, comme le rapporte Bloomberg, des problèmes de communication nuisent à d’éventuelles progressions de l’armée russe. Les troupes ont notamment été privées d'accès à Telegram et coupées des terminaux Starlink qui leur donnaient accès à Internet, «une catastrophe» pour Moscou, comme l’a déclaré le ministère de la Défense ukrainien.



















