Une hausse significative. Alors que le gouvernement a demandé, en début de semaine, aux distributeurs de présenter «l'évolution et le calcul de leurs marges» de carburants, Franceinfo affirme que ces dernières sont plus importantes aujourd'hui qu'avant le début du conflit au Moyen-Orient, ce vendredi 24 avril. Cette marge brute, qui doit couvrir les frais de transport et les salaires des employés, est de 33,6 centimes par litre pour le gazole et presque 30 centimes pour l'essence en moyenne en cette fin avril, selon un document de travail du gouvernement. En début d’année, elle était en moyenne de 30 centimes par litre.

Plusieurs distributeurs affichent des marges brutes particulièrement élevées. Pour certains, dont TotalEnergies, AVIA, Carrefour Market, Carrefour Contact ou encore Intermarché, elles dépassent même les 50 centimes par litre de gazole, et près de 40 centimes pour l’essence, toujours selon ce même document. Ces chiffres mettent en lumière «des faits inadmissibles», a fait savoir un conseiller de l’exécutif à nos confrères de Franceinfo.

Le Premier ministre s’est agacé des «diversions» des distributeurs

Pourtant, la veille, Serge Papin, ministre délégué au pouvoir d’achat, assurait que les distributeurs «jouaient le jeu». Mais Sébastien Lecornu a tout de même haussé le ton vis-à-vis des distributeurs, comme le relaie BFM TV. «Il y a quelque chose qui n'est pas négociable, c'est quand ça augmente au global, on comprend que ça augmente à la pompe. Quand ça diminue au global, ça doit diminuer aussi vite à la pompe», a déclaré le Premier ministre en privé, devant ses équipes.

«Si on le répète autant depuis trois semaines, c'est sans doute que nous ne sommes pas complètement d'accord avec la manière de voir les choses avec les distributeurs», a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement s’est également agacé des «diversions» des distributeurs, notamment leur proposition de suspendre les Certificats d'économies d’énergie visant à faire baisser le prix à la pompe.