D’un ton grave, face à des entrepreneurs présents ce lundi à Choose France, le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas caché son inquiétude à propos du vote du projet de loi de finances 2026. «Il faut arrêter de faire comme si tout ce qui était voté était réellement voté», a-t-il rappelé avant d’avouer qu’il était «au regret de le dire mais le péril qui pèse maintenant sur la France, c’est l’absence de budget».

Une absence de budget qui pourrait provoquer de lourdes incertitudes «politique, économique, financière», notamment «sous fond d’une crise politique beaucoup plus grave». En effet, Sébastien Lecornu n’oublie pas la situation du pays : «Je suis le troisième Premier ministre en un an, deux censures, il n’y a pas besoin de se faire de dessin, je ne suis pas dans la même situation que Michel Barnier et François Bayrou» et parle ainsi «d’opération de dernière chance» dans ce qu’il tente de faire à Matignon. Selon lui, s’il n’y a pas de budget voté «au mois de décembre», le déficit serait de «6% garanti».

Lecornu «pas favorable» à la suspension de la réforme des retraites

Sébastien Lecornu pointe ainsi un relâchement. Alors que «tout le monde en était conscient au mois de septembre, au cœur de la crise», il a l’impression que les Français agissent «comme si nous n’étions pas en situation de crise». Pourtant, il ne cache pas les conséquences «une fois que l’on sera complètement dans la crise [...], des mesures dites d’austérité ou de fiscalité pourraient s’abattre sur une part de l’économie française mais aussi sur les ménages.»

Guère optimiste, le Premier ministre serait que toutes les lectures faites à l’Assemblée «aillent au bout avec un vote favorable à la fin», bien que des compromis on était mis sur la table, notamment à propos de la suspension de la réforme des retraites, à laquelle Sébastien Lecornu pas «pas favorable», a-t-il prononcé lors du sommet : «J’ai dû la proposer, pour débloquer la situation».