
Fin de mois sous tension, dépenses surveillées, marge quasi inexistante. Selon l’enquête Cofidis réalisée avec CSA Research auprès de 515 familles monoparentales, 74 % de ces foyers sont aujourd’hui dirigés par une femme. Dans le même temps, 62 % déclarent craindre de manquer d’argent en fin de mois pour couvrir les dépenses essentielles de leurs enfants. Un niveau d’inquiétude qui illustre la pression budgétaire persistante sur ces ménages.
Cette tension s’observe directement dans le budget. L’étude montre que 37 % des dépenses mensuelles sont consacrées aux enfants, contre 28 % chez l’ensemble des parents. L’alimentation et la cantine représentent à elles seules 1.590 euros de dépenses annuelles en moyenne, devant les vacances (938 euros) et l’habillement (551 euros). Des postes devenus particulièrement sensibles alors que les prix restent élevés malgré le ralentissement de l’inflation.
Un budget sous contrainte permanentes
Face au coût du quotidien, les familles monoparentales disposent souvent de moins de marge pour absorber une hausse de dépenses. « Les familles monoparentales reposent sur un seul revenu pour faire vivre tout le foyer, quand les couples peuvent plus souvent compter sur deux revenus », souligne Jeanne Tetard, analyste socio-économiste doctorante chez Citizing Consulting. « Tout le revenu est consommé, avec beaucoup moins de marge de manœuvre. »
À cette contrainte financière s’ajoute souvent le poids de l’organisation quotidienne : gardes des enfants, dépenses du foyer, imprévus, sans possibilité de répartir la charge. Le moindre surcoût sur l’alimentation, les fournitures ou les activités extrascolaires peut alors déséquilibrer immédiatement le budget.
Vacances, vêtements, loisirs : les premiers renoncements
Quand la marge disparaît, certains postes deviennent variables d’ajustement. Selon Cofidis, 58 % des familles monoparentales ont déjà renoncé à partir en vacances avec leurs enfants. 51 % repoussent certaines dépenses liées à l’habillement, 48 % les cadeaux ou jouets et 40 % certains équipements sportifs.
Pour Jeanne Tetard, ces arbitrages traduisent un recentrage contraint vers l’essentiel. « Ces foyers disposent souvent de quoi couvrir les dépenses indispensables, mais ont de plus en plus de mal à accéder aux dépenses de loisirs ou à certains achats non essentiels. » Et lorsque le foyer repose sur une mère seule, l’impact est souvent plus marqué : « Elles se retrouvent souvent à devoir tout assumer seules : le budget, les enfants et les autres charges du quotidien. Cela renforce des vulnérabilités à économiques et sociales déjà existantes. »
À quelques jours de la fête des mères, l’étude rappelle qu’au-delà des chiffres, derrière chaque arbitrage budgétaire se jouent parfois des vacances repoussées, des dépenses différées et des moments du quotidien auxquels certaines familles doivent renoncer.



















