Héberger gratuitement sa mère dans un studio de famille ou accueillir un enfant majeur en difficulté peut alléger votre impôt. Le fisc assimile cette aide à une pension alimentaire en nature. Elle est alors déductible de vos revenus imposables, à condition de prouver l’état de besoin du bénéficiaire, l’existence d’une obligation alimentaire (pour les ascendants et descendants majeurs) et la proportionnalité de l’aide à vos ressources.

Cette mécanique reste sous‑utilisée alors qu’elle peut faire baisser significativement la note fiscale. « Fiscalement, la mise à disposition gratuite d’un logement à un parent ou un enfant majeur dans le besoin est traitée comme une pension alimentaire versée en nature, évaluée a minima au forfait admis par l’administration, ou au réel si la valeur locative le justifie », explique Maître Benjamin Boulard, avocat à la Cour d’appel de Paris. Encore faut‑il connaître les bons critères et sécuriser la déclaration.

Conditions d’éligibilité et montant de la déduction

Trois critères cumulatifs s’imposent : le bénéficiaire doit être dans le besoin (revenus insuffisants pour ses besoins essentiels) ; une obligation alimentaire doit exister pour les ascendants et descendants (parents, grands‑parents, beaux‑parents, enfants majeurs mais pas les frères et sœurs) et l’aide doit être proportionnée à vos moyens.

L’hébergement et la nourriture à domicile ouvrent droit à la déduction admise par l’administration (forfait) ou, si vous le préférez, à la déduction au réel sur justificatifs lorsque la valeur locative et les charges supportées dépassent le forfait. « L’administration n’acceptera pas de qualifier de pension alimentaire la mise à disposition d’une résidence secondaire très confortable sans rapport avec les besoins concrets des parents », prévient Maître Boulard.

Déclaration : cases, justificatifs et pièges

Reportez la pension en nature dans la rubrique pensions alimentaires déductibles (cases 6GI à 6GU). Pensez à conserver pendant 3 ans l’estimation de la valeur locative du logement, les preuves des charges locatives payées (eau, chauffage, charges récupérables), les éléments attestant l’état de besoin (ressources, chômage, faibles pensions) et l’attestation signée du bénéficiaire.

« Pensez à la déclaration symétrique : le parent ou l’enfant hébergé doit déclarer la pension reçue, faute de quoi votre déduction peut être remise en cause », avertit Maître Boulard.

L'accueil des personnes de plus de 75 ans

Un autre cas existe pour les personnes que vous accueillez chez vous de façon permanente, et auprès de qui vous n'avez pas d'obligation alimentaire (ni votre mère, ni votre père, ni vos enfants mais un frère, une sœur, un oncle, une tante ou une même personne sans lien de parenté avec vous).

Vous pouvez déduire 4 075 euros par personne accueillie à condition qu’elle ait plus de 75 ans, ne bénéficie pas de pension alimentaire et que ses ressources soient très limitées (revenus 2025 ne dépassent pas 12 411,44 euros pour une personne seule ou 19 268,80 euros pour un couple). Notez que cette personne accueillie n'a pas à déclarer cette somme sur sa propre déclaration de revenus.