Une menace à prendre très au sérieux. Ce vendredi 29 mai, plusieurs organisations internationales, dont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM), ont alerté sur un potentiel risque de pénurie de pétrole cet été si le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert. «Les stocks mondiaux de pétrole se réduisent à un rythme record du fait de la perte majeure de livraisons passant par le détroit d’Ormuz», ont expliqué le FMI, la BM ainsi que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un communiqué commun.

Les organisations internationales estiment que « si la circulation maritime ne revient pas à la normale, une réduction rapide et continue des stocks mondiaux avant le pic de demande de l'été dans l'hémisphère nord représenterait un risque accru en termes de sécurité énergétique (...) et plus largement de résistance de l’économie ». La réduction de l’offre de pétrole a conduit certains pays à réduire leur consommation, notamment en Asie.

Entre 20 et 50 milliards de dollars d’aide supplémentaire

«Si l'économie mondiale continue de résister, les effets du conflit touchent de manière disproportionnée les pays les plus vulnérables», ont rappelé les quatre institutions dans leur communiqué, en raison de l’augmentation des prix du pétrole et des engrais. Mais dès le mois d’avril, la directrice générale du FMI avait affirmé que l'institution était prête à faire face à une hausse des demandes d'aide provenant de pays en difficulté.

Kristalina Georgieva avait estimé le montant de l'aide supplémentaire qui pourrait être nécessaire à cause du conflit entre 20 et 50 milliards de dollars. Pour rappel, l'attaque de l'Iran par les Etats-Unis et Israël à la fin du mois de février a entraîné la fermeture du détroit d'Ormuz, bloquant de fait le trafic maritime dans un axe transportant environ 20 % des hydrocarbures mondiaux.