
La victime piégée va pouvoir retrouver le sourire. En janvier 2019, la gérante de la SARL Réception Val de Loire a communiqué des codes confidentiels à cet escroc qui s’était fait passer pour un agent bancaire. Dans un arrêt rendu le 27 janvier 2026, dont Clubic a pu prendre connaissance, la cour d’appel d’Angers a estimé que la victime n’avait pas commis de négligence grave, et que la banque devait lui rembourser un montant important.
Dans les faits, la gérante a reçu un appel affichant le numéro de son agence bancaire, le 4 janvier 2019. Le conseiller du Crédit Agricole lui demande d’activer SécuriPass, un service de sécurité bien réel. Elle reçoit ensuite un SMS de la banque avec un code confidentiel accompagné du message : «NE JAMAIS LE COMMUNIQUER». Puis un mail avec l’adresse du Crédit Agricole, son logo ainsi que la signature de sa conseillère habituelle. Comme il est, à ce moment-là, impossible de détecter une arnaque, la gérante communique le code.
La banque refuse alors de rembourser le solde pour «négligence grave» de la cliente
Les escrocs créent alors de nouveaux bénéficiaires et lancent six virements. Quatre d'entre eux visent le compte de la SARL, avec des montants de 3 000, 9 993, 3 892 et 4 000 euros, et les deux autres le compte de la victime et de sa fille. Le Crédit Agricole réussit à bloquer une partie de l’argent chez les destinataires frauduleux, à savoir 12 892 euros. Sauf que l’établissement bancaire refuse de rembourser le solde pour «négligence grave» de la cliente.
Comme les messages reçus par la gérante disaient «Ne jamais le communiquer, ni par téléphone, ni par e-mail», la banque estimait qu’il y avait bien une «négligence grave». Si le tribunal de commerce du Mans a confirmé la version de la banque en juillet 2021, la cliente doit également verser 500 euros au Crédit Agricole au titre des frais de justice. Mais en janvier 2026, la cour d'appel d'Angers a infirmé le jugement de première instance. Elle énonce que tous les détails de l’arnaque font état d’une escroquerie millimétrée. La banque doit ainsi rembourser les 11 593 euros volés, plus les 3 500 euros de frais de justice.



















