Samedi 21 mars dans la soirée, le site nucléaire israélien de Dimona a été ciblé par des nouveaux tirs de missiles balistiques iraniens, tombés à 5 km. Située dans le sud du pays, dans le désert de Néguev, cette centrale nucléaire recouvre un centre de recherche nucléaire, où serait produit un arsenal atomique. Finalement, c’est une zone résidentielle d’une ville voisine qui a été touchée par cette frappe, faisant des dizaines de blessés.

Pour les experts militaires étrangers, cela ne fait aucun doute : Israël est doté de l'arme nucléaire, sous la forme d’une centaine d’ogives nucléaires, selon Les Échos. Par ailleurs, le pays pourrait bien en posséder le double en raison de sa production de plutonium, lui permettant de produire des missiles contenant de la matière fissile. Pour rappel, Israël n’est pas signataire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Le pays refuse aussi de faire inspecter ses installations par l’Agence internationale de l’énergie atomique, installée à Vienne.

Un site stratégique entouré de controverses

Le centre de recherches nucléaires s’est installé dans la région de Dimona dans les années 1950, alors que la France participait de son côté à la construction d’un réacteur et d’une usine de traitement de plutonium. Le centre lui, a été mis en service en 1963, et a continué de fonctionner bien après sa date d’échéance initiale. Selon un rapport d’experts de 2016, relayé par le quotidien israélien «Haaretz», le réacteur comptait 1 537 fissures et d’autres anomalies dans son cœur. De son côté, la Commission de l’énergie atomique israélienne avait reconnu ces défauts, tout en affirmant qu’ils ne présentaient pas de risques immédiats.

Aujourd’hui, la centrale de Dimona est entourée de mesures de sécurité très strictes et toute prise d’image est interdite, comme tout relevé indépendant de radioactivité. Dans le contexte actuel, la frappe iranienne remet donc Dimona dans la lumière. L’Agence internationale de l’énergie atomique appelle à «la retenue militaire maximale» pour éviter tout incident majeur.