C’est désormais officiel. Ce mercredi 18 mars, Emmanuel Macron a annoncé le nom du futur porte-avions nucléaire qui doit remplacer en 2038 le porte-avions Charles-de-Gaulle actuellement mobilisé en Méditerranée orientale dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient qui fait toujours rage. Il s’agira du «France libre», un choix fait en hommage à «l’esprit français» et de «résistance» de l’ancien Général, a expliqué le chef de l’État, rapporte Le Monde. «Pour lui, pour nous, l’esprit français, c’est un esprit de résistance. C’est une volonté que rien n’arrête, volonté de résister pour demeurer libre. Volonté irréductible, invincible, sur le territoire national ou ailleurs face à l’occupation. Volonté qui, comme notre porte-avions, peut prendre les mers, s’il le faut, jusqu’à la victoire», a-t-il ajouté.

Véritable mastodonte des mers, le futur porte-avions français de nouvelle génération dont la construction a été autorisée en décembre dernier, mesurera 310 mètres de long et déplacera 80 000 tonnes. Alors qu’il disposera de deux réacteurs nucléaires et représentera un tonnage 1,8 fois supérieur à son prédécesseur, le «France libre» aura également une toute nouvelle particularité. Et pas des moindres, puisque le futur bâtiment sera à la fois capable de catapulter et de récupérer des avions en même temps grâce à la présence de trois rails de catapulte, contre deux actuellement sur le Charles-de-Gaulle. «Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle», a expliqué la présidence.

Les États-Unis en charge de la technologie électromagnétique

Alors qu’Emmanuel Macron a décidé de mettre un accent tout particulier sur la défense compte tenu de la situation mondiale actuelle, le «France libre» se devra également d’être «évolutif», et ce afin d’être en mesure de pouvoir accueillir les différents types d’avions qui seront déployés dessus, tout comme des drones. «On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier», a ainsi expliqué le général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées, tout en précisant que nous aurons besoin dans le futur de drones afin de pénétrer les défenses adverses.

Pour autant, le futur bâtiment de la Marine française comporte un bémol. En effet, la technologie électromagnétique des trois futures catapultes sera confiée à l’américain General Atomics, entraînant ainsi de potentielles vulnérabilités. Ce choix, qui peut interroger, est justifié par l’Élysée dans un souci économique. Malgré tout, un conseillé présidentiel l’assure : «il existe bien évidemment d’autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières.» Il faut dire que cette dépendance technologique aux États-Unis reste dans les esprits de nombreux militaires français. À l’époque, en février 2003, lorsque la France avait refusé de prendre part à l’opération militaire menée en Irak contre Saddam Hussein, en représailles, les Américains avaient alors décidé d’arrêter purement et simplement la fourniture de pièces détachées qui servaient notamment au catapultage des avions sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. «Nous nous sommes retrouvés à quelques semaines de la rupture de stock et de l’immobilisation de notre porte-avions», a ainsi expliqué au Parisien Xavier Tytelman, ancien aviateur militaire et spécialiste des questions de défense.