Les Etats-Unis avancent en terrain miné dans le détroit d’Ormuz. Si en milieu de semaine l’armée américaine a assuré avoir détruit 16 bateaux iraniens poseurs de mines près du détroit d’Ormuz, la menace est bien réelle dans la zone. Car cette bande de 33 kilomètres qui mène au golfe Persique est un point stratégique du commerce mondial, en particulier pétrolier, où 20% des échanges transitent habituellement. Or, depuis le début des frappes au Moyen-Orient, l’Iran verrouille la zone et aurait miné le terrain.

Selon l’Institut américain pour l’étude de la guerre, cité par Le Parisien, dix mines auraient déjà été posées, mais l’Iran en posséderait au total plus de 2 000. Le Soufan Center va même plus loin, évoquant des chiffres compris «entre 2 000 et 6 000 unités». Mais de quels types de mines s’agit-il ? Téhéran disposerait de deux sortes de mines actuellement : des mines dérivantes et ancrées, «de fabrication soviétique, occidentale ou iranienne», indique le Centre Robert Strauss pour la sécurité et le droit international de l’Université d’Austin (Texas), mais pas seulement.

Des mines de fond indétectables ?

Le régime iranien disposerait également de «mines de fond et ascendantes plus récentes et plus sophistiquées». Celles-ci seraient plutôt de fabrication chinoise, nord-coréenne ou russe. Concrètement, les mines dérivantes et ancrées, appelées aussi mines de contact, explosent au moment où un navire les touche. Si les dérivantes peuvent être repérées, c’est parfois moins le cas des ancrées. En revanche, les mines de fond sont beaucoup plus problématiques. Les classiques explosent à la détection d’un navire sous l’effet de changement de pression de l’eau ou grâce à sa signature acoustique et magnétique.

Quant aux ascendantes, elles tirent un projectile dès qu’elles détectent une cible. Selon Le Parisien, les mines iraniennes Maham sont numérotées de 1 à 6, selon leur usage. Les Maham 1 peuvent faire exploser jusqu’à 120 kg d’explosifs à une profondeur de 1 à 3 mètres, tandis que les Maham 2 et 3 sont plutôt déposées entre 10 et 50 mètres de profondeur. Enfin, les 5 et 6 sont généralement placées entre 5 et 15 mètres de profondeur. Leur particularité est qu’elles peuvent être actionnées à distance.

Un outil peu coûteux et destructeur

Une menace de plus donc pour le détroit, contrôlé aujourd’hui par l’Iran. Son minage laisse craindre depuis quelques jours un enrayement de l’économie mondiale, d’autant que les mines marines sont décrites par les Etats-Unis comme «l’une des armes les plus destructrices auxquelles la marine américaine ait été jamais confrontée». Elles sont aussi peu coûteuses, environ 1 500 dollars pour certains modèles, même si d’autres sont estimées entre 10 000 et 15 000 dollars. Selon le consultant indépendant et officier de réserve dans la Marine, Stéphane Audrand, interrogé par BFM, «77% des pertes de la Marine américaine depuis la Seconde Guerre mondiale» sont dues «à cause des mines».