
La Russie en a lancé un nombre record dans la nuit du 1er au 2 juin. Avec des missiles Zircon, des kh-101 et des Kalibr, Moscou a lancé 33 missiles balistiques Iskander-M en une seule nuit. Mais plus globalement, les hommes de Vladimir Poutine utilisent cette arme depuis le début du conflit face à l’Ukraine. Pourquoi ? Car le missile Iskander est très compliqué à intercepter et il peut embarquer des ogives thermobariques et nucléaires. Mais depuis, il a beaucoup évolué, et surtout, la Russie s’appuie sur de nouvelles technologies, explique Le Parisien.
Cité par nos confrères, le chercheur à l’Institut ukrainien sur l’armement et les essais et la certification des équipements militaires, le colonel Oleksandr Zarouba, précise désormais que les nouveaux missiles Iskander-M peuvent contourner les défenses antiaériennes ukrainiennes et peuvent frapper plus efficacement. Comment ? Grâce à des pièges thermiques déployés lors de la phase de vol, mais également le déploiement de leurres ou de réflecteurs dipolaires. Autant de spécificités utilisées par exemple par le missile nord-coréen KN-23.
L’Iskander détecte mieux les zones non couvertes par les radars
Si les missiles russes embarquent 90% de composants électroniques russes, a précisé le colonel lors d’une conférence, dorénavant, le missile Iskander-M pourrait offrir «sept variantes d’ogives». Parmi elles, il existerait des «versions perforantes et anti-béton» utilisées afin de détruire l’aviation tactique ukrainienne, mais également pour «cibler les avions F-16». Les nouveaux systèmes embarqués permettraient enfin de détecter des zones moins couvertes par les radars.
Autres nouveautés, toutefois déployées depuis au moins deux ans : des processeurs plus rapides intégrés aux missiles afin d’exploiter au mieux les images que la tête chercheuse optique fournit. Mais si globalement la Russie s’appuie sur les technologies de leur allié nord-coréen, «l’utilisation de véritables KN-23 transférés par la Corée du Nord n’a pas été constatée récemment», a tenu à rassurer le colonel Oleksandr Zarouba.
Toutefois, Kiev surveille de près ces nouvelles évolutions, car les nouvelles technologies et l’entrée dans un nouveau type de conflit ont rebattu les cartes. Par exemple, l’Iskander-M pourrait être capable de cibler jusqu’à 1 000 kilomètres désormais. De son côté, l’Ukraine s’apprête à tester le nouveau missile de croisière RUTA Block 3 d’une portée de 2 000 kilomètres, ou encore le missile hypersonique FP-7.X. Une version moins onéreuse que le Patriot !




















