Après plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient, Donald Trump a affirmé ce dimanche 14 juin qu’un accord de paix avec l’Iran était «désormais finalisé» et pourrait être signé vendredi. Une annonce qui a immédiatement fait réagir les marchés de l’énergie. Au cœur des discussions : la possible réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du pétrole mondial.

Selon le président américain, cette réouverture pourrait intervenir dès la signature de l’accord. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il évoque une reprise progressive du trafic maritime afin de sécuriser la zone: «Avec l’ouverture du détroit dès la signature de l’accord vendredi, afin de permettre le déminage, le pétrole coulera à nouveau des deux côtés pour la région et le monde entier», écrit-il. La situation reste toutefois incertaine. Plusieurs centaines de navires seraient encore bloqués dans la zone, tandis que d’autres attendent d’y entrer.

Le pétrole en forte baisse sur les marchés

Sans attendre davantage de précisions, les marchés ont anticipé un apaisement. Les cours du pétrole ont reculé d’environ 4% dès l’ouverture des échanges en Asie. Le Brent, référence mondiale, s’est établi autour de 83 dollars le baril, tandis que le WTI a perdu plus de 5%. Pour l’éditorialiste économique sur BFM TV Emmanuel Lechypre, la réaction est immédiate : «Le premier effet, c’est cette baisse des prix du pétrole qui est assez spectaculaire. On est tombé à 80 dollars le baril. On n’avait pas vu ça depuis le 3 mars», souligne-t-il. Si l’accord venait à être confirmé et appliqué, les conséquences pourraient rapidement se faire sentir pour les automobilistes.

«Si cet accord est vraiment signé, ça veut dire 15 centimes de baisse sur un litre, qui s’afficherait donc d’ici deux à trois semaines, entre 1,80 et 1,85 le litre», estime Emmanuel Lechypre. Avant le conflit, le litre de carburant tournait autour de 1,65 euro en moyenne. Une baisse progressive pourrait donc s’amorcer, mais elle dépendra directement de la réouverture effective du détroit d’Ormuz et du retour à la normale des flux pétroliers. Les autorités américaines elles-mêmes restent prudentes.

L’Agence américaine de l’énergie (EIA) estimait récemment qu’il faudrait «probablement plusieurs mois pour retrouver le niveau de trafic d’avant le conflit». Même en cas d’accord, la normalisation du marché pétrolier ne serait donc pas immédiate. L’EIA prévoit une baisse progressive des prix, mais pas un retour rapide aux niveaux d’avant-guerre.