
C’était il y a presque deux ans jour pour jour. Le 18 juin 2023, le sous-marin Titan de l’entreprise OceanGate implosait dans les eaux internationales de l'océan Atlantique Nord au large de Terre-Neuve. Submersible à visée touristique, il emmenait à bord cinq personnes désireuses d’approcher l’épave du Titanic. Les cinq occupants ont trouvé la mort et des débris du submersible ont été retrouvés par 3 800 mètres de fond, quand des restes humains sont remontés à la surface dix jours plus tard. Après deux ans d’enquête, on en sait plus sur ce qui s’est passé, relate L’Indépendant.
Et le rapport dévoilé par les garde-côtes américains accable tout particulièrement la société américaine fondée par Stockton Rush. Pour la petite histoire, la femme de ce dernier (qui a péri dans l’accident aux côtés de Paul-Henri Nargeolet, Hamish Harding, Shahzada Dawood et Suleman Dawood) est l’arrière-arrière-petite-fille de deux victimes du Titanic… Selon ce rapport, l’accident aurait largement pu être évité. Comment ? En respectant des procédures de sécurité qui se sont révélées «gravement défectueuses». En outre, les protocoles de sécurité et les pratiques réelles faisaient état de «disparités flagrantes».
Un «environnement de travail toxique»
Il est aussi clairement indiqué dans ce rapport qu’OceanGate est la «première» responsable, la «première cause» étant «un non-respect des protocoles d’ingénierie établis en matière de sécurité, de tests et de maintenance de son submersible». Les garde-côtes fustigent également les «tactiques d’intimidation, les dérogations accordées pour des opérations scientifiques» utilisées par OceanGate qui lui ont permis de «tirer profit de sa bonne réputation pour échapper à la surveillance des autorités de régulation».
Selon d’autres éléments présents dans ce rapport, la société américaine spécialisée dans les submersibles pour le tourisme «a pu faire fonctionner le Titan en totale marge des protocoles établis pour les plongées en eaux profondes, lesquels avaient pourtant historiquement permis d’assurer un bon bilan de sécurité pour les submersibles commerciaux». Ils parlent même d’«environnement de travail toxique».
Des problèmes déjà en 2022
Cet environnement qualifié de «toxique» aurait «dissuadé les employés et les sous-traitants d’exprimer leurs préoccupations en matière de sécurité», met enfin en évidence leur enquête. Et malgré de premiers problèmes en marge d’une première expédition en 2022, «OceanGate n’a pas correctement enquêté et corrigé les anomalies connues sur sa coque». Long de 6,5 mètres, le submersible avait perdu contact deux heures après sa plongée. Dès les mois qui ont suivi, des négligences avaient déjà été évoquées.




















