
Depuis le 12 juillet, on en sait un peu plus sur le crash du Boeing d'Air India, qui a fait 260 victimes en Inde il y a un mois jour pour jour. En effet, les premiers éléments de l'enquête ont été rendus publics et le contenu des deux boîtes noires retrouvées sur place a permis d'identifier la cause la plus probable de cette tragédie : une coupure dans l'alimentation en carburant des deux moteurs quelques secondes avant que l'appareil ne s'écrase au sol alors qu'il venait juste de décoller. C'est en tout cas ce que révèle l'échange entre les deux pilotes enregistré par l'une des boîtes noires : «Pourquoi as-tu coupé le carburant ?» - «Je ne l’ai pas fait». Le dernier appel à l’aide est lancé. Et plus rien.
Si le document écarte, pour l'heure, toute implication volontaire des pilotes dans cette coupure, des zones d'ombre persistent. Sur TF1, l'ancien pilote Gérard Feldzer, par ailleurs président d'Aviation sans frontières, se montre nettement moins nuancé que les auteurs du rapport. Selon lui, les commandes d'alimentation en kérosène ne peuvent être baissées par erreur, car elles nécessitent une succession de manipulations bien précises consistant à actionner des leviers manuellement : «Il s’agit d’un acte volontaire et non pas une fausse manipulation, tranche-t-il. Il n'y a pas eu de cross check de l’autre pilote pour le valider. Au contraire, il lui a demandé pourquoi il a coupé le moteur».
L'analyse complète des boîtes noires devrait durer encore plusieurs mois
Gérard Feldzer relève un autre élément troublant : une éolienne – servant à alimenter en urgence l'avion en électricité en cas de panne – était sortie au moment du décollage. Mais il faut se montrer prudent. L'analyse complète des boîtes noires n'est pas terminée et devrait durer encore plusieurs mois. Sur RFI, Xavier Tytelman, consultant en aéronautique, précise pour sa part : «Si c'est un problème technique, c’est-à-dire que si c'est lié à Boeing ou au fabricant du moteur, il y aura très rapidement des exigences de modification. Mais à l’inverse, s'il n'y a pas tout de suite une information dans ce sens, cela viendra plutôt confirmer qu’on est sur un facteur humain.»


















