
Pour faire face à l'incendie ravageur dans l'Aude, la France s'appuie principalement sur sa flotte de Canadair : au total, douze appareils sont officiellement disponibles, dont neuf ont été déployés sur le terrain dans le département. Un exemplaire a eu un accident majeur en début de saison et un autre reste affecté à des zones à risque comme la Corse ou le Sud-Ouest. Comme l'explique le lieutenant‑colonel Frédéric Harrault, porte‑parole de la Sécurité civile, à BFMTV : «Les Canadair, jaune et rouge, peuvent écoper - remplir leur réservoir en effleurant l'eau - et faire de la rotation très rapide en allant chercher de l'eau à la mer ou dans des lacs pour larguer 6000 litres d'eau simultanément sur des zones».
D'autres avions complètent cette force. Les Dash‑8 Q400, plus gros, disposent d'une capacité supérieure : ils larguent jusqu'à 10 000 litres d'eau ou de retardant, mais ne peuvent pas écoper : ils doivent se poser pour se recharger, en eau ou produit retardant, sur des sites équipés avec pélicandrome. A cela s'ajoutent des Air Tractor, plus petits (3 000 litres) et des hélicoptères bombardiers d'eau : légers (1 000 litres) ou lourds (4 000 litres). La flotte est complétée par trois Beechcraft dédiés aux missions de reconnaissance.
Un dispositif sous tension malgré les renforts
A l'été 2025, l'Etat a loué 16 appareils supplémentaires (10 hélicoptères et 6 avions, dont des Air Tractor) pour renforcer le dispositif, notamment dans le Sud‑Ouest et le Midi, secteurs à très haut risque. Mais comme le rappelle Le Monde, la maintenance externalisée chez Sabena Technics est émaillée par les tensions, des grèves, et un vieillissement moyen des Canadair de plus de 25 ans. Les appareils plus récents, comme les Dash, ne couvrent pas tout le besoin, et des solutions palliatives, coûteuses, sont mises en place via des locations privées.
Le plan annoncé en 2022 par Emmanuel Macron promettait pourtant un renouvellement progressif de la flotte, avec l'achat de nouveaux Canadair (DHC‑515) pour aboutir à 16 appareils. Mais les premières livraisons ne sont attendues qu’à partir de 2028, voire au-delà, car les chaînes de production ont dû être relancées à partir de zéro.


















