Avec la chaleur, le vent et les épisodes de canicule, les feux de forêt sont de retour dans le pays. Dans l’Hérault et dans les Bouches-du-Rhône, près de Marseille cette semaine, les incendies peuvent rapidement devenir incontrôlables. Pour aider les soldats du feu à les éteindre, les Canadair sont souvent d’un grand secours. Mais une polémique est née ces derniers jours. Car actuellement, la France compte douze appareils, rappelle Franceinfo. Capables de larguer 6 000 litres d’eau, ces CL-415 de Bombardier sont aussi très vieillissants, avec une moyenne d’âge comprise entre 25 et 30 ans.

Et avec aujourd’hui un appareil hors service (accidenté en Corse), les sapeurs-pompiers tirent la sonnette d’alarme. «En France, nous n'aurons jamais assez d'avions bombardiers si nous gardons l'état actuel des choses», pointe du doigt Éric Brocardi, de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Il évoque le dérèglement climatique qui fait que «nous sommes trop faibles par rapport aux conséquences». Pourtant, comme le rappellent nos confrères, le président Emmanuel Macron avait promis en 2022 de renouveler les Canadair mais surtout d’acheter quatre nouveaux exemplaires.

Des Canadair non commandés

Or, ces exemplaires ne seront pas livrés avant la fin du quinquennat, les deux premiers en 2028 au plus tôt, selon Franceinfo, et les deux autres ne seront même pas commandés. Ce que déplore la députée socialiste de Lozère, Sophie Pantel, fustigeant la décision de Gabriel Attal «d’annuler par décret les crédits qui étaient prévus». D’autres appareils ont été renouvelés dans le même temps, les Dash, plus gros et capables de larguer 10 000 litres d’eau. Toutefois, ils présentent un gros défaut : ils ne peuvent pas se recharger en mer.

Dans la foulée, la France a également acheté des petits avions et des hélicoptères bombardiers d’eau, une solution de secours, selon le rapport parlementaire, qui pointe du doigt des coûts importants. En parallèle, des projets ont été lancés en France, relate BFMTV. C’est le cas notamment de la société girondine Hynaéro qui a mis sur pied un avion capable de larguer 10 000 litres également. Des lettres d’intention pour 27 appareils auraient déjà été signées, et l’entreprise peut compter sur les soutiens de Bpifrance, Airbus et France 2030.

Un kit développé par Airbus sur les A400M ?

Toutefois, les premières livraisons ne sont pas attendues avant 2031… Une autre société veut aussi développer un modèle de bombardier d’eau en partant d’un modèle existant, l’ATR-72, ce qui présenterait l’avantage de «limiter les coûts de développement». Mais là encore, pas avant 2028. Enfin, BFMTV cite le kit «plug and play» développé par Airbus à charger sur ses A400M. Ils pourraient larguer 20 000 litres. Airbus assure que la France serait «un client idéal». Mais rien n’est encore acté.