Ouf ! Début décembre, au ministère de l’Economie et des Finances à Paris, le soulagement était de mise. Comme tous les six mois, l’agence de notation financière S&P Global Ratings a rendu son verdict sur la qualité de la dette de la France. Autrement dit, sur la solvabilité de notre pays en tant qu’emprunteur. En choisissant de maintenir sa note au même niveau qu’en juin dernier (comme l’avaient aussi décidé à l’automne les deux autres grandes agences mondiales, Fitch et Moody’s), cet organisme devrait rassurer les investisseurs pour ces prochains mois. Il vaudrait mieux, surtout quand on sait que l’Etat a l’intention cette année d’emprunter 285 milliards d’euros. Un record ! «Cette décision est cohérente avec les choix du gouvernement en matière de finances publiques, s’est immédiatement félicité Bruno Le Maire. Plus que jamais, nous restons déterminés à réduire les dépenses publiques et à accélérer le désendettement de la France

On ne peut que souhaiter bon courage au patron de Bercy. Car inutile de tourner autour des statistiques très longtemps. L’année qui débute ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Sous la pression de la BCE (Banque centrale européenne) qui cherche coûte que coûte à réduire l’inflation dans toute la zone euro, nous subissons des taux d’intérêt élevés qui freinent l’activité avec une menace de remontée du chômage à la clé et, à la longue, une charge de la dette plus lourde à rembourser.

Pas simple dans ces conditions pour le gouvernement de respecter ses objectifs de ramener le déficit budgétaire de 4,9 % du PIB l’an dernier à 4,4 % en 2024 et de maintenir la dette publique à 109,7 % du PIB. L’exercice sera d’autant plus compliqué que ses prévisions de croissance (1,4 %) sont plus optimistes que la plupart de celles des conjoncturistes. De plus, comme le regrette l’économiste Marc Touati, comparativement à nos voisins, nous sommes de nettement moins bons élèves dès qu’il s’agit de parler maîtrise des dépenses publiques.

Dans cette grisaille annoncée, existe-t-il quand même quelques coins de ciel bleu ? Heureusement, oui. On pourra les découvrir dans ce dossier. D’abord, la flambée des prix connue depuis deux ans dans les supermarchés va enfin se calmer. Sauf événement géopolitique grave, toujours imprévisible, les cours du pétrole et des matières premières ne devraient en effet pas connaître d’envolée comme après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Par ailleurs, bien aidés par les pouvoirs publics, nos industriels continuent de mettre en chantier de nouveaux projets d’usines sur notre territoire et d’investir pour l’indispensable décarbonation de notre appareil de production. A la clé, de nouveaux emplois pour lesquels il va falloir former du monde. Cerise sur le gâteau : la France sera cette année au cœur de l’actualité mondiale grâce aux Jeux olympiques d'été à Paris. De quoi au moins regonfler le moral. Et même si les breloques ne sont pas au rendez-vous au cou de nos sportifs en nombre suffisant, les milliards d’euros, eux, devraient normalement tomber dans notre escarcelle grâce aux visiteurs. Toujours ça de gagné…

L’activité économique devrait faire du surplace : + 0,8 % de croissance*

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