Trois jours seulement. C’est le temps qu’auront duré Claude Fable 5 et Mythos 5, les nouveaux modèles les plus puissants d’intelligence artificielle conçus par Anthropic. Lancés en grande pompe le mardi 9 juin, ils ont été suspendus par la start-up californienne après une directive du Commerce américain demandant leur suspension pour tous les ressortissants étrangers, même s’ils se situent sur le sol américain, rapporte Europe 1. Face à la complicité de ses utilisateurs et pour éviter d’être en non-conformité, Anthropic a décidé de «brutalement désactiver» les deux modèles pour l'ensemble de ses clients.

Selon le gouvernement fédéral, une faille de sécurité aurait été identifiée après qu’une entreprise est parvenue à contourner les garde-fous mis en place pour ces modèles, réputés détecter et exploiter des failles de cybersécurité avec une rapidité et une acuité inédite. «Nous contestons que la découverte d'un potentiel jailbreak limité justifie le retrait d'un modèle commercial déployé auprès de nombreux utilisateurs», a déclaré Anthropic, cité par CNBC, ajoutant «qu'il s'agit d'un malentendu». L'entreprise travaille aussi pour «rétablir l'accès le plus tôt possible».

Anthropic déjà accusé de «sabotage secret»

Pour les abonnés Claude partout dans le monde, la désactivation est totale et immédiate. Claude Fable 5 et Mythos 5 ne sont plus accessibles, quel que soit le plan souscrit. Les autres modèles restent disponibles. Déployé dans le cadre du «Project Glasswing» en collaboration avec les autorités américaines, l’UK AISI et plusieurs organisations externes, le modèle Mythos 5 est destiné à un cercle plus restreint d’organisations, avec moins de restrictions. Le Claude Fable 5, lui, était présenté comme une version grand public de Mythos.

Ce modèle avait déjà fait polémique lors de son lancement. En effet, Europe 1 indique que la start-up avait été accusée de «sabotage secret» après avoir restreint certaines capacités de son modèle sans en informer publiquement les utilisateurs. Face à la mobilisation de chercheurs et de développeurs, Anthropic avait finalement fait marche arrière et s’était engagée à signaler clairement toute dégradation des réponses liée à des impératifs de sécurité nationale.

Une relation tendue entre le gouvernement et Anthropic

Cet épisode s’inscrit dans une relation déjà tendue entre Washington et Anthropic. Début 2026, le Pentagone avait interdit l’utilisation de Claude au sein des administrations américaines après le refus de l’entreprise d’autoriser l’emploi de ses modèles pour des systèmes d’armes autonomes ou des programmes de surveillance de masse. La société avait alors engagé une action en justice contre le Département de la Défense.