Elvira Oeberg tire à tout va. La biathlète suédoise ne s’est pas illustrée uniquement en touchant des cibles durant ces Jeux olympiques d’hiver 2026. À Milan-Cortina, la star nordique en a profité pour dire ce qu’elle pense du Comité international olympique (CIO) et en particulier de l’absence de prize money (rétribution financière) pour les vainqueurs de médailles. «Je trouve ça vraiment inadmissible. Je vais aux Jeux olympiques surtout pour faire parler de moi, mais je risque de me désister», a-t-elle menacé dans une interview pour Expressen, dont se fait l’écho Ouest-France. Et d’expliquer : «Je ne gagnerai pas un seul centime à moins d’avoir de très bons accords avec mes sponsors. Et là, seules les médailles comptent.»

Au-delà de ce constat, Elvira Oeberg est allée bien plus loin. En donnant cet entretien, la sportive compte dénoncer un système d'exploitation : «Sans nous, les athlètes, il n’y aurait pas de Jeux olympiques.» Or, «on s’accroche à l’idée que les Jeux olympiques étaient destinés aux amateurs, mais c’est une mentalité préhistorique». Résultat, «même si c’est mon métier, je n’en tire aucun revenu», déplore-t-elle. En Suède, elle n’est pas toute seule à défendre cette position.

Une «industrie colossale»

Elvira Oeberg a reçu un soutien de poids. Sebastian Samuelsson se plaint lui aussi de ne pas avoir de compensation financière pour ses résultats venant de sa fédération. «Voyez l’industrie colossale que représentent les Jeux olympiques ! Et les partenaires prestigieux qu’ils ont», a présenté le Suédois. Il préférerait «que l’argent retourne aux athlètes plutôt que de voir les riches s’offrir un énième dîner raffiné ou un séjour dans un hôtel de luxe», s’est il emporté. Il rappelle que l’esprit originel des JO était : «une compétition pour les amateurs». Toutefois, il ne faut pas oublier que «le sport d’aujourd’hui est bien différent». Il est donc nécessaire de «partager les avantages».

Le Comité international olympique ne s’est pas fait prier pour réagir à ces critiques. «Les Jeux olympiques doivent être avant tout synonymes d’honneur, de communauté et de représentation de son pays, et non de récompense financière», a argumenté le comité. Et de préciser : «Notre rôle consiste à réinvestir les revenus olympiques dans l’ensemble du mouvement sportif plutôt que de rémunérer des athlètes individuellement.» Selon lui, il s’agit donc de «préserver la tradition olympique et éviter un système susceptible d’engendrer des injustices ou de détourner l’attention des valeurs olympiques». Une réponse qui risque de ne pas plaire à tout le monde sur les pistes.

>> Notre service - Découvrez tous nos comparateurs d’assurances (santé, auto, habitation, obsèques…)