
Plus de jets privés au-dessus de l’Europe ? Les dépenses liées aux déplacements en jets privés des plus hauts responsables européens vont fortement progresser. D’après un document d’appel d’offres consulté par Politico, l’Union européenne prévoit d’allouer jusqu’à 15,7 millions d’euros sur quatre ans à des services de transport aérien non réguliers, soit une hausse d’environ 50% par rapport au précédent contrat, arrivé à échéance en 2021.
Ce marché, financé en tout ou partie par des fonds européens, concerne la Commission européenne, le Parlement européen, le Conseil de l’Europe ainsi que le Service européen pour l’action extérieure, précise Paris Match. Il doit permettre d’assurer des déplacements jugés incompatibles avec les vols commerciaux classiques, notamment pour des raisons de sécurité, d’agenda chargé ou de missions urgentes vers des zones sensibles. Bruxelles explique cette augmentation par «le contexte géopolitique et la volatilité accrue des affaires internationales», qui entraîneraient davantage de voyages imprévus.
Une augmentation «embarrassante»
Les autorités européennes invoquent également la hausse des prix du carburant et l’augmentation générale des coûts de location d’avions. Le précédent contrat, qui couvrait la période 2021-2025, était plafonné à un peu plus de 12 millions d’euros et a dû être prolongé jusqu’en juin, faute de nouveau prestataire. Cette hausse budgétaire ne fait toutefois pas l’unanimité. Au sein du Parlement européen, plusieurs élus écologistes dénoncent une décision en décalage avec les ambitions climatiques affichées par l’Union.
«Dans un contexte où de nombreux Européens peinent à financer leurs vacances, cette augmentation est embarrassante», estime l’eurodéputé allemand Rasmus Andresen, qui considère que le recours aux jets privés est difficilement conciliable avec les objectifs environnementaux de Bruxelles. Les ONG écologistes soulignent également l’impact climatique de ces déplacements. D’après Transport & Environment, un trajet en jet privé génère entre 5 et 14 fois plus de CO₂ par passager qu’un vol commercial, et jusqu’à 50 fois plus qu’un déplacement en train.
La Commission européenne précise que les jets privés ne sont pas un moyen de transport privilégié et ne sont utilisés qu’en dernier recours. Elle assure également que cette augmentation budgétaire n’affectera pas ses ambitions pour faire de l’Europe un acteur clé de la transition climatique.



















