
Un peu plus de deux millions de signatures. Trois semaines après son lancement, la pétition contre la loi Duplomb a rassemblé un grand nombre d’opposants à ce texte qui prévoit la réintroduction d’un pesticide banni depuis sept ans : l’acétamipride. Classé dans la famille des néonicotinoïdes, il est considéré à risque par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa). Jusqu’alors, de nombreuses voix politiques s’étaient élevées contre cette loi, et plus récemment, celles de grands chefs. Mais c’est désormais l’Ordre des médecins qui tire la sonnette d’alarme.
Dans un communiqué publié mercredi soir et relayé par Ouest-France, le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) déplore «l’écart persistant entre les connaissances scientifiques disponibles et les décisions réglementaires» créant nécessairement un «décalage qui compromet l’application effective du principe constitutionnel de précaution». Selon le Cnom, «le doute n'est pas raisonnable et les alertes ne peuvent être ignorées».
Des «risques majeurs» pour la population
L’Ordre des médecins cite des substances «susceptibles d’exposer la population à des risques majeurs» comme les troubles neuro-développementaux, les cancers pédiatriques ou les maladies chroniques. Le Cnom rajoute que «la compétitivité agricole et les distorsions de concurrence ne doivent pas servir d'argument pour relâcher notre vigilance en matière de protection de la santé humaine».
En associant des médecins de terrain, des experts scientifiques, des agriculteurs, des élus politiques et des représentants des usagers de la santé, l’Ordre des médecins s’engage à lancer une «réflexion» sur «les liens entre santé et environnement». Pour rappel, les risques liés aux pesticides réautorisés par la loi sont des troubles neuronaux, des cancers pédiatriques et des maladies chroniques. Elle provoquerait aussi des troubles de la fertilité masculine, indiquait Capital.
Comme le rappelle Ouest-France, des scientifiques et des associations de patients ont appelé le Conseil constitutionnel à rejeter le texte, estimant que les conséquences de cette loi seront «dangereuses pour la santé de nos concitoyens». La tribune appelle également les Sages à «répondre à l’exigence démocratique exprimée fortement par les citoyens français».



















