
Dans une interview donnée au journal Le Monde, le 26 juillet dernier, la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a évoqué souhaiter la diminution de plusieurs dépenses de santé. Parmi elles, les cures thermales, dont la ministre souhaite diminuer les remboursements. Selon la ministre, «le service médical rendu est faible pour les patients en affection longue durée (ALD)». Une déclaration qui a suscité de vives réactions sur le terrain, selon France 3.
«C’est une aberration, ça traduit une méconnaissance du secteur» indique Marie-Hélène Blanque, directrice de la station thermale Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, et membre du Conseil d'administration du Conseil national des établissements thermaux (CNETh). Elle ajoute : «C’est une fausse bonne idée sanitaire, la cure thermale est une des seules réponses réelles qui existent pour ces patients». Utile pour des patients atteints de maladies chroniques comme l’arthrose, la fibromyalgie, ou encore bien d’autres pathologies, la cure thermale est pour l’heure prise en charge à 100%. Mais pas tout à fait en réalité, selon la directrice. «Elle n'est pas réellement de 100 %, puisque sur une cure de 1 000 euros, 12 % restent à la charge du patient», précise-t-elle. Si on y ajoute les frais de transport et d'hébergement, la facture monte entre 800 et 1 000 euros et rend le montant prohibitif pour toute une frange de patients modestes. «Ceux qui ne pourront plus partir en cure iront vers d’autres soins, plus coûteux et moins efficaces», prévient-elle.
Un service médical jugé trop vite
En dehors de l’aspect budgétaire, dans les déclarations de la ministre, c’est aussi l’efficacité des cures thermales qui semble être remise en cause. Un rapport de la Cour des comptes, publié en avril 2025, semblait d’ailleurs remettre en cause la légitimité des soins qui y sont dispensés. Pourtant, depuis 2004, l’Association française pour la recherche thermale a financé plus de 60 études afin de démontrer l'efficacité des cures thermales, sur la diminution de la consommation de médicaments et sur les douleurs et troubles chroniques.
Ces critiques ne passent donc pas chez les professionnels. Christophe Fabre, directeur des thermes de Barèges, explique pourquoi : «Je suis en train d'ouvrir une nouvelle orientation thermale. On suit un protocole très strict, qui va durer plusieurs années, avec 80 patients qui sont suivis par un dermatologue». Et d'ajouter : «C'est un exemple de l'effort et de l'obligation que l'on a pour prouver le service médical rendu.»


















