La TVA a rapporté moins que prévu en 2025. Une chute de près de dix milliards d’euros de recettes, inexplicable pour les députés qui ont réclamé des explications la semaine dernière dans le cadre de l’examen du projet de loi de fin de gestion (PLFG) qui doit ajuster les finances de 2025. Face à la polémique, Bercy a annoncé avoir lancé une «mission» d’enquête pour tenter de comprendre où sont passés ces potentiels 10 milliards. C’est ce qu’a confirmé la ministre des Comptes publics, dimanche 23 novembre.

Invitée de l’émission «En Toute Franchise» sur LCI, Amélie de Montchalin a assuré que le rapport sera remis «dans les prochaines semaines» et sera «rendu public». Le sujet de la TVA n’est d’ailleurs pas nouveau, a laissé entendre la ministre, qui a rappelé que Bercy avait publié les dépenses et recettes «tous les trimestres» depuis sa prise de fonctions. «Le sujet de la TVA a déjà été discuté en avril et en juin. La transparence n’est pas d’avoir raison et de croire ces chiffres, mais d’expliquer ce qui se passe», a martelé la ministre des Comptes publics.

Beaucoup d’épargne, trop de colis chinois…

Alors, comment expliquer ces pertes de recettes ? Selon Amélie de Montchalin, il y a «beaucoup d’épargne et moins de consommation». L’autre explication, qu’elle avait déjà avancée, est la perte de recettes liée aux colis étrangers : «Les petits colis qui arrivent de Chine, complètement sous-valorisés, engendrent une forte baisse de recettes de TVA», a-t-elle évoqué, même s’il faut encore arriver «à chiffrer» ces pertes, a-t-elle concédé.

Dernier facteur : la fraude et «les gens qui optimisent». Dans ce cadre, le gouvernement a fait des propositions comme le fait de rendre électroniques les factures et «faire comme sur le prélèvement à la source», à savoir préremplir la TVA. Amélie de Montchalin l’a assuré : «Les parlementaires y seront associés.» Elle a d’ailleurs rappelé sa méthode, «dire toute la vérité et prendre des décisions» et «pas juste constater, mais agir».

A la suite de la révélation de ces chiffres, l’opposition avait tiré à boulets rouges sur le gouvernement. Le député socialiste Philippe Brun jugeait qu’«il y avait des centaines de milliers, des millions même, de Français qui n’arrivent plus à survivre dans l’économie telle qu’elle est aujourd’hui», quand le RN fustigeait une «politique» menée «contre les consommateurs, contre le pouvoir d’achat, contre les commerçants».