Mardi 24 mars, la Nasa a annoncé suspendre son projet Gateway, une station spatiale autour de la Lune, pour se concentrer sur une nouvelle ambition : la création d’une base sur le sol de la Lune. Selon Franceinfo, l'agence spatiale a investi 20 milliards de dollars «sur les sept prochaines années», soit 17,20 milliards d’euros. Celle-ci sera construite à l’occasion de plusieurs dizaines de missions lunaires, «en collaboration avec des partenaires commerciaux et internationaux».

Cette décision s’inscrit dans le cadre du programme de la Nasa intitulé Artemis, qui a pour objectif d’installer durablement des astronautes sur la Lune. La construction de cette station sur le sol lunaire devrait commencer à partir de 2029, et elle devrait être occupée de manière semi-permanente dès 2032. La station se situera près du pôle Sud lunaire, en raison de la présence d’eau dans la zone, sous forme de glace. Une caractéristique déterminante pour les futures missions.

Un virage stratégique

En fait, le programme Artemis a pour objectif d’installer des astronautes sur la Lune pour préparer des missions vers Mars. Il a accumulé du retard et, en conséquence, ses coûts ont explosé. Par ailleurs, ce programme est en concurrence directe avec les ambitions de la Chine, qui a également pour objectif d’établir une base sur la Lune. L’objectif de la Nasa est donc d’accélérer ses recherches, dans une véritable course à la Lune. En février dernier, l’agence spatiale avait annoncé plusieurs changements qui visaient justement à accélérer la cadence de ce projet, mais aussi à effacer son retard.

En face, le projet Gateway, critiqué pour son coût par rapport à d’autres ambitions de la Nasa, a donc été suspendu de manière prévisible. La station en orbite de la Lune servira finalement à des projets d’exploration lunaire, et comme point d’étape pour les futures missions vers Mars. Pour l’heure, la question de l’avenir des modules et des composants déjà construits pour Gateway est toujours en suspens.