Devant une assemblée de journalistes, lundi 25 août, François Bayrou est revenu notamment sur l’une de ses propositions de son plan d’économies qui avait fait le plus réagir : la suppression du 8 mai et du lundi de Pâques de la liste de jours fériés. Désormais, il revient sur cette idée. «C’est une mesure discutable, amendable, améliorable avec les partenaires sociaux et les parlementaires», a-t-il expliqué. Un recul du chef du gouvernement, alors que l’idée présentée le 15 juillet dernier avait fait bondir l’opposition.

Pour le Premier ministre, si le débat public s’est concentré sur cette question, il aurait dû se placer à un autre niveau. «Ne débattre que des mesures, c’est oublier la nécessité du plan d’ensemble», a-t-il martelé, pour rappeler que l’objectif de cette réforme reste aujourd’hui de trouver 44 milliards d’euros d’économies dans le prochain budget. La suppression des deux jours fériés devrait selon lui rapporter à elle seule environ 4,2 milliards d’euros.

Une opinion publique largement opposée

Mais la population, elle, ne semble toujours pas suivre cette mesure. Selon un sondage Odoxa publié par Le Parisien le 24 août, 84% des Français rejettent l'idée de perdre deux jours fériés, et parmi eux, 87% des actifs. Un rejet d’une grande ampleur donc, et qui grandit, notamment au sein de la majorité présidentielle même, où certains élus ont déjà fait entendre leurs réserves.

Pour le Premier ministre pourtant, la bataille n’est pas encore finie. Depuis l’annonce de son plan d’économies à la mi-juillet, il assure vouloir inclure les partenaires sociaux, mais aussi les parlementaires dans le dialogue concernant les économies à réaliser, en laissant aussi entendre que cette suppression de deux jours fériés pourrait évoluer dans la forme. Selon lui, derrière la polémique qu’a provoqué cette annonce, il y va de la crédibilité du pays, à pouvoir réduire sa dette.