«Des conditions criminelles». Ce sont dans ces termes que la section de recherche de la gendarmerie et la justice soupçonnent un chef d’entreprise de s’être enrichi. Le préjudice est à hauteur de 2,4 millions d’euros et concerne deux sociétés appartenant à un homme de 47 ans, d’après France 3 Franche-Comté. Ces deux entreprises, implantée dans le Doubs, contestaient tous les avis de paiement de l’Urssaf «pour retarder les paiements des charges sociales et patronales», a révélé le procureur de la République de Besançon, ce qui représentait 1,6 million d’euros de préjudice émanant de la société «Construction du Haut-Doubs».

Mais le chef d’entreprise ne s’est pas arrêté là puisqu’il a effectué la même opération avec «Rosema Invest», une entreprise également spécialisée dans les travaux de maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment. Le procureur de la République a fait savoir que le dirigeant, qui n’était d’ailleurs pas salarié, faisait payer ses cotisations maladie par la société alors qu’il ne payait pas celles de ses salariés. Le dirigeant est ainsi soupçonné d’abus de confiance aggravé au préjudice de l’Urssaf.

L’homme s’est vu saisir une grande partie de ses biens

«C’est l’appât du gain. Cet homme a voulu s’enrichir dans des conditions criminelles», a déclaré, lors d’une conférence de presse, le procureur de la République. En effet, l’entrepreneur a aussi financé son appartement, son chauffage ou encore sa piscine avec l’argent de «Rosema Invest». «Abus de confiance, abus de biens sociaux, travail dissimulé, fausses factures, emplois fictifs, cotisations sociales, escroquerie aux indemnités chômage, il y a un panel d’infractions financières impressionnantes pour un même dossier», a énoncé Christophe Vila, patron de la section de recherches de Besançon.

La quadragénaire, qui «ne reconnaît pas vraiment les faits qui lui sont reprochés, mais il ne les conteste pas vraiment», a été dépossédé de la majeure partie de ses biens comme son appartement à Tignes, les locaux de sa dernière société ou ses deux voitures de luxe. Il sera jugé le 16 mai prochain et encourt sept ans de prison.