Alors que les intempéries dans le Sud-Ouest du pays ont interrompu un TGV reliant Agen à Bordeaux dans la soirée du lundi 19 mai, le trafic reste encore aujourd’hui perturbé sur la ligne Bordeaux-Toulouse. Invité dans la matinale de BFM TV ce jeudi, Jean-Pierre Farandou, le président-directeur général de la SNCF, a alerté sur la vétusté du réseau ferroviaire tricolore. «Il faut des décisions maintenant. On est un peu à un point tournant. On est à un moment critiqu, a-t-il prévenu.

«L’enjeu financier, c’est 1 milliard d’euros de plus par an pour maintenir en état ce réseau. Et là, tout est permis, on pourra développer les trains, les trains de voyageurs, les trains de marchandises, les trains régionaux, les trains de nuit», a-t-il soutenu. Pour Jean-Pierre Farandou, «on a un vrai potentiel de développement». «Et les Français en ont envie puisqu’on voit que tous nos trains sont pleins», a-t-il souligné. «Mais encore faut-il que le réseau soit en bon état, ou alors si on ne le fait pas, c’est la spirale négative», a-t-il alerté, en évoquant 4 000 km de lignes abîmées dès 2028 et 10 000 km d’ici 2032.

Le risque de pannes, retards et ralentissements

Avec, pour conséquences, des pannes, des retards et des ralentissements. «C’est le cercle vicieux qui se met en place», a-t-il mis en garde. Mais où trouver ce milliard d’euros pour moderniser les lignes de train ? Selon le PDG de la SNCF, des pistes de financements existent. Il a notamment cité la taxe poids lourds appliquée en Allemagne, qui rapporte «8 milliards d’euros par an», a-t-il précisé.

Autre source de financement avancée par Jean-Pierre Farandou : les recettes fiscales de l’Union européenne. «Nos amis italiens, par exemple, eux, profitent d’une fiscalité européenne généreuse (…) Nous, on a aussi en France, une fiscalité européenne qui pourrait arriver en 2027 qui ramène +20 milliards», a-t-il indiqué. Le PDG de la SNCF a également évoqué la piste des autoroutes avec la fin des concessions. «L’idée, c’est qu’une partie des résultats des autoroutes pourrait être engagée sur le réseau ferroviaire», a-t-il expliqué. Pour Jean-Pierre Farandou, ces trois pistes de financement méritent d’être explorées face à l’urgence de la situation.