Nos leaders politiques seraient-ils devenus un brin nostalgiques? Toujours est-il que, même accaparés par la guerre en Ukraine et la crise énergétique, les 20 plus importants d’entre eux, réunis mi-novembre à Bali (Indonésie), ont pris le temps de se replonger dans l’épisode des subprimes. D’après eux, «il y a quatorze ans, les chefs d’Etat et de gouvernement du G20, confrontés à la plus grave crise financière de notre époque, se réunissaient pour la première fois». Puis de jurer, en chœur, qu’ils comptaient bien continuer à «préserver la stabilité financière» face à des «risques systémiques croissants».

Diable! La finance mondiale pourrait-elle, à nouveau, craquer en 2023? Et faut-il, comme le patron de la banque américaine JPMorgan, Jamie Dimon, craindre un «ouragan» dans les prochains mois? Une chose est sûre, en tout cas: pour les banquiers de la planète, l’ambiance a clairement changé en 2022. Fini l’ère de l’argent gratuit, qui, depuis la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers en 2008, voyait nos argentiers injecter des milliards dans le système, notamment via leurs programmes de rachats d’actifs.

Ainsi, rien qu’entre 2020 et 2021, la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed) avaient gonflé leurs bilans de près de 7.000 milliards de dollars (en cumulé), histoire d’assurer la relance post-Covid. Place désormais à un resserrement monétaire rapide, censé ramener l’inflation autour d’une cible de 2%. Et l’atterrissage est plutôt brutal. En l’espace de quelques mois, le taux de refinancement de la BCE est repassé à 2%, quand ceux adoptés par la Fed oscillent déjà entre 3,75 et 4%.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement