
Dans une interview à La Tribune, le PDG de Corsair Pascal de Izaguirre avait estimé que «les hausses des prix des billets se généralisent et sont inévitables [...] du fait de la flambée des cours du pétrole.» Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, démarré le 28 février dernier par les attaques conjointes des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran, le cours du pétrole a bondi. Le prix de la tonne de carburant est passé de 750 dollars à 1.900 dollars début avril, selon le PDG de Corsair, aussi président de la Fnam.
Dans le contexte de reprise à bas rythme de l’activité du détroit d'Ormuz par l'Iran, depuis l’officialisation d’un cessez-le-feu le mardi 7 avril, le pétrole flambe encore jusqu'à 147 dollars. Et cela a des conséquences sur les moyens de transport, dont ceux aériens puisqu’en France et en Europe, les importations de kérosène proviennent à 50% des pays du Golfe.
Quelles sont les conséquences sur le trafic aérien ?
Les compagnies aériennes anticipent mais restent très prudentes, remarquait encore, mercredi 8 avril, ICI. En Italie, plusieurs aéroports font face à des restrictions sévères de carburant, qui représentent 25 à 30% des coûts d'exploitation de la majorité des compagnies.
«L'impact est réel sur les vols long-courrier vers le Moyen-Orient et l'Asie», notait Thomas Juin - président de l'Union des aéroports français et directeur de l'aéroport de La Rochelle-Île-de-Ré - car «la réduction du trafic sur les hubs de Dubaï et Doha ne peut pas être compensée par les autres compagnies aériennes, notamment européennes».
Le groupe Lufthansa - Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines, ITA Airways - a prolongé la suspension de tous ses vols vers le Moyen-Orient jusqu'à fin avril, voire jusqu'à fin octobre pour certaines compagnies. Vietnam Airlines a, quant à elle, suspendu une vingtaine de vols intérieurs par semaine à partir d'avril. La compagnie low-cost Ryanair a prévenu qu'en cas de tension durable sur l'approvisionnement, elle pourrait réduire une partie de son programme entre mai et juillet, et supprimer jusqu'à 10% de ses vols.
Des prix des billets à la hausse ?
Le 11 mars dernier, les compagnies Air France et KLM avaient augmenté de 50 euros les tarifs des billets aller-retour en classe économique de leurs vols long-courrier mercredi vers l'Asie, l'Amérique ou encore l'Afrique. Cette augmentation de 50 euros a depuis doublé sur les mêmes trajets ! Mais Air France n'est pas la seule compagnie à appliquer ses nouveaux prix. Une vingtaine de compagnies comme United Airlines, Air Canada ou encore Air India, ont annoncé une surcharge carburant sur le prix du billet.
En cas de report de voyages du long-courrier vers le court ou moyen-courrier, «et c'est ce que l'on observe», il peut y avoir une augmentation des tarifs face à l'augmentation de la demande, explique Thomas Juin à ICI. Un conseil alors pour faire attention au porte-monnaie ? Pour l'Union des aéroports français, «dans cette période d'incertitude, réservez au plus tôt pour avoir les meilleurs tarifs.»


















