C’est en 2018 que Greta Thunberg a réalisé son premier coup d’éclat, en faisant la grève de l’école pour alerter sur le risque climatique. Depuis, l’activiste suédoise est devenue l’égérie de toute une génération d’écologistes qui a fait de la désobéissance civile son moyen d’action favori. Qui sont ces militants ? Que pensent-ils vraiment ? Au terme d’une longue enquête, Marc Lomazzi décrit le profil de ces nouveaux "ultra écologicus".

Vous avez enquêté pendant des mois dans le milieu des ultras de l’écologie. Quels sont les profils qui vous ont le plus marqué?

Marc Lomazzi : J’ai été très frappé par l’engagement absolu des écologistes radicaux. Je pense par exemple à cette jeune baroudeuse qui se fait appeler Sarah, passée par les ZAD (zones à défendre) de Notre-Dame-des-Landes et du Carnet près de Saint-Nazaire, à Sylvie Barbe, une écoféministe qui a fait le choix de vivre dans une yourte au fin fond de la forêt cévenole, ou à Tiphaine Lagarde, la cofondatrice de 269 Libération animale. Condamnée à plusieurs reprises après s'en être pris à des élevages ou des abattoirs, cette étudiante en droit lyonnaise a dû faire une croix sur sa carrière de notaire. Je pense aussi à cette famille de survivalistes rencontrée en Auvergne qui se prépare à la catastrophe écologique.

Comment expliquez-vous la montée en puissance de cette mouvance?

J’ai le sentiment d’un bouillonnement contestataire qui rappelle celui des années 1970. Cette contestation est nourrie bien évidemment par l’urgence climatique, qui pousse de nombreux jeunes écologistes à la radicalisation. C’est impressionnant de voir la vitesse à laquelle des mouvements adeptes de la désobéissance civile comme Alternatiba, Youth for Climate, la branche française du mouvement de Greta Thunberg, et Extinction Rebellion se sont développés en France.

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