Face aux tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, la Banque de France se veut prudente mais pas alarmiste. Invité sur BFMTV et RMC ce lundi 4 mai, son gouverneur François Villeroy de Galhau a évoqué un «choc sans précédent», tout en soulignant l’incertitude qui entoure ses conséquences économiques. Le responsable a insisté sur la difficulté d’anticiper l’évolution de la situation. «Nous ne savons pas quels vont être exactement les effets économiques de la crise», a-t-il reconnu, évoquant le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie.

Pour faire face à cette incertitude, la Banque de France a élaboré trois scénarios économiques distincts. Malgré ces inconnues, l’institution estime que l’économie française devrait éviter la récession en 2026. La croissance est attendue entre 0,3% dans le scénario le plus défavorable et 0,9% dans le plus favorable. «Dans tous les scénarios que nous publions, on garderait quand même une croissance positive cette année», a-t-il assuré.

Le pétrole pourrait refluer d’ici la fin de l’année

Sur le front énergétique, le gouverneur se veut relativement rassurant. «Dans au moins deux des trois scénarios, le prix du pétrole rebaisse d’ici la fin de l’année et pour l’année prochaine», a-t-il expliqué, tout en rappelant qu’il est impossible de «prédire l’avenir de façon certaine». Selon lui, la situation actuelle ne correspond pas encore à un véritable choc pétrolier comparable à ceux des années 1970. Mais il prévient : «plus les choses se prolongent, plus on se rapproche d'un choc pétrolier».

La hausse des prix de l’énergie pourrait toutefois peser sur l’inflation. Celle-ci devrait se rapprocher de 2% en 2026, avec un risque de dépassement en cas de scénario défavorable. «On devrait aller vers 2% d’inflation, peut-être même plus, 3%, si on est dans les scénarios défavorables», a précisé François Villeroy de Galhau. Au-delà des prévisions, le gouverneur a insisté sur la nécessité de réduire la dépendance aux énergies fossiles. «Nous ne pouvons pas vivre avec, tous les cinq ou dix ans, une crise au Moyen-Orient ou une crise pétrolière (…) qui prend en otage notre économie», a-t-il alerté.