
Les prix des carburants vont-ils baisser dans les semaines à venir ? A l’heure actuelle, personne n’est capable de le dire étant donné la situation au Moyen-Orient. Mais face à des tarifs à la pompe qui ne baissent plus, le gouvernement envisagerait des mesures. D’après les informations de Franceinfo notamment, l’exécutif songerait à un décret visant à réduire les marges des distributeurs dans les stations-service. Une mesure qui permettrait de mieux encadrer les prix et donc réduire la facture pour les Français. Efficace ?
Pas vraiment, selon Michel-Edouard Leclerc. Invité du 20h de France 2 mardi 14 avril, le patron du groupement Leclerc estime déjà que dans un climat «anxiogène, tout est fait pour qu'il y ait plein de spéculations à la hausse». Surtout, il n’y croit pas : «Je ne crois pas que, c’est parce qu’on met un couvercle sur une cocotte-minute, que ça fait descendre la chaleur de la cocotte», a-t-il répondu à Léa Salamé. Pourquoi ne croit-il pas à ce type d’arrêté ? «J'ai vu un projet que tous les distributeurs ont reçu ce matin, tous les distributeurs, il n'est pas applicable», a-t-il lancé.
Viser les raffineurs «qui font des profits»
Si Michel-Edouard Leclerc souligne que le décret ne serait pas applicable, c’est que les distributeurs ne peuvent pas vendre l’essence à perte. Or, si on leur «demande de lisser les hausses et de lisser les baisses», ça sera le cas, estime le grand patron de grande distribution. Il demande donc au gouvernement de viser les raffineurs, ceux «qui font les profits aujourd’hui». Et d’ajouter sur France 2 : «Vu l'augmentation des marges du raffinage, revendiquée d'ailleurs par les financiers du raffinage, ce ne serait quand même pas très correct s'ils bloquaient les marges des pompistes et pas les marges du raffinage.»
Alors, quelles autres solutions pour faire baisser les prix à la pompe ? Michel-Edouard Leclerc en a une : il propose de baisser une contribution payée notamment par les distributeurs. Laquelle ? La taxe sur les certificats d’énergie, une mesure «qui fonctionne comme une taxe». Et de détailler : «Aujourd'hui, dans le prix du carburant, il y a presque 55% de taxes, mais il y a une contribution de ceux qui distribuent, qui fabriquent avec de l'énergie fossile pour financer MaPrimeRénov'. En fait, on pourrait la suspendre, ça ne coûterait rien à l'État», estime Michel-Edouard Leclerc.
Repasser «sous les 2 euros»
Le patron du groupement Leclerc va même plus loin en arguant que la mesure permettrait de «baisser d’environ 15 centimes par litre» et que cela n’aurait «aucun impact sur le long terme» pour le plan d’électrification du gouvernement ou le leasing social. Enfin, cela «ne freinerait pas la consommation et amènerait de la TVA pour l'État, pour les dépenses de l'Etat», met-il en avant. Si les distributeurs devront payer un jour ou l’autre, au moins les consommateurs pourraient revoir l’essence «repasser en dessous de deux euros». Michel-Edouard Leclerc prévoit de présenter son idée à Sébastien Lecornu.




















