
Cette année encore, la Sécurité sociale est dans le rouge. C’est ce qu’a évoqué la Cour des comptes qui prévoit pour 2025 un trou record de 23 milliards d’euros. C’est 7,7 milliards de plus qu’en 2024. Pour la Cour des comptes, «une telle situation n’est pas soutenable dans la durée». Alors que les dépenses sociales croissent plus vite que les recettes, la question du modèle social français est de nouveau en jeu. Invité de Franceinfo dimanche 2 novembre, le correspondant France-Europe du quotidien suisse Blick, Richard Werly, précise qu’il faut être plus précis lorsqu’on évoque un modèle social.
Faut-il évoquer les retraites ou l’Assurance maladie ? «Pour les retraites, tout le monde envie la France, mais tout le monde sait que c’est irréaliste», souligne le journaliste, notamment le fait de «ramener l’âge de la retraite à 62 ans, voire 60 ans». Il juge que personne en Europe «ne trouve ça réaliste, même si tout le monde aimerait partir en retraite plus tôt». En revanche, il reconnaît que pour la santé, «le système français est perçu comme extrêmement généreux, protecteur».
Un système «insoutenable» ?
Selon Richard Werly, «à l'échelle européenne, les citoyens payent tous plus pour leur santé que le citoyen français». Le journaliste a évoqué sur Franceinfo une possible contribution personnelle : «Soit on impose une assurance privée complémentaire soit il y a la question de franchises», met-il en avant. Toutefois, il ne voit pas «comment ce système peut rester soutenable en l'état».
Dans son rapport, la Cour des comptes évoque des promesses de rendement et «un effort important (…) pour réduire le déficit», mais il existe des incertitudes, notamment en raison d’un dépôt tardif du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 et de doutes sur son évolution lors des débats parlementaires. Et l’institution alerte : à l’horizon 2029, l’accumulation des déficits pourrait conduire à une nouvelle dette sociale de plus de 100 milliards d’euros.


















