
C’est l’un des sujets dont Michel Barnier, le nouveau Premier ministre, devra se saisir. L’augmentation du taux d’emploi des seniors reste un enjeu majeur, alors que la réforme des retraites appliquée depuis un an relève progressivement l’âge légal de départ de 62 à 64 ans. Certes, le taux de chômage des seniors (55-64 ans) est ressorti à 5,4% seulement en 2023 (-0,4 point sur un an) et est ainsi plus faible que celui de l’ensemble des actifs de 15 à 64 ans (7,4%), d’après une étude de la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail, publiée ce mercredi 11 septembre.
Mais cet écart avec le taux de chômage de l’ensemble des 15-64 ans tend à se réduire au fur et à mesure des années. S’il était compris entre -3,5 et -4 points de 2003 à 2006, il était de -2 points seulement l’an dernier. Surtout, le taux d’emploi des seniors reste nettement inférieur à celui de la moyenne européenne. Ainsi, 58,4% des 55-64 ans étaient en emploi en 2023. Un taux certes en progression (+1,5 point sur un an) et au plus haut depuis 1975, mais qui se situe «5,5 points sous la moyenne de l’Union européenne, qui est de 63,9%», signale la Dares. Cet écart est resté stable par rapport à 2022, le taux d’emploi moyen des seniors dans l’Union européenne ayant lui aussi augmenté de 1,5 point.
La France parmi les mauvais élèves de l’Union européenne en matière d’emploi des seniors
Résultat, «la France se place en 17ème position parmi les 27 pays de l’Union», poursuit la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail. A noter cependant que si l’on zoome davantage, le taux d’emploi des 60-64 ans en France est bien en-deçà de la moyenne européenne (38,9%, contre 50,9% dans l’Union européenne, soit 12 points d’écart), tandis que celui des 55-59 ans y est supérieur (77% en France, contre 76% dans l’Union européenne).
Mais comment expliquer que la France soit autant à la traîne en matière de taux d’emploi des seniors, alors que dans le même temps, le taux de chômage de cette catégorie d’actifs est relativement faible ? D’abord par les départs à la retraite : 2,3% des 55-59 ans et 43,8% des 60-64 ans étaient à la retraite en 2023. Mais aussi, et on l’oublie trop souvent, par des raisons de santé ou de handicap (entre 1,4% et 9% des 55-64 ans selon l’âge) empêchant ces seniors de travailler et de chercher un emploi activement. D’autres situations peuvent aussi expliquer l’inactivité (hors chômage) des 55 ans et plus : des contraintes personnelles ou familiales, le fait de juger une reprise d’activité inutile car leur date de départ à la retraite approche, ou encore un sentiment de découragement.



















