La grande distribution entrave-t-elle l’accès à une alimentation saine ? C’est ce qu’affirme l’association de défense des consommateurs Familles Rurales. Ce jeudi 12 février, elle a annoncé auprès de l’AFP son intention de saisir l’Autorité de la concurrence afin d’obtenir «l’ouverture d’une enquête sectorielle» sur la formation des prix et des marges dans les supermarchés. Dans son viseur : la «péréquation des marges».

Selon Nadia Ziane, directrice du département consommation de Familles Rurales, certaines enseignes vendraient à perte des produits d’appel jugés mauvais pour la santé, comme les sodas, afin d’attirer les clients, et compenseraient ensuite ces pertes par des marges plus élevées sur des produits comme les fruits et légumes. Une pratique qui, selon l’association, pénaliserait l’accès à une alimentation équilibrée. Invité sur le plateau de BFMTV ce jeudi matin, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique et porte-parole du mouvement E.Leclerc, a fermement rejeté ces accusations.

«Tout le monde vient me chercher…»

«Ça fait 40 ans que les représentants du lobby agroalimentaire disent ça, c’est anti-distribution. Le bio, c’est nous qui l’avions développé en France, sinon c’était que dans des circuits sélectifs et très chers. Et ces associations là ne nous ont pas soutenu», a-t-il déclaré. Le dirigeant, récemment désigné personnalité préférée des Français par le classement Ifop-Paris Match, a mis en avant les initiatives de son enseigne pour informer les consommateurs sur la qualité des produits.

«Aujourd’hui, Leclerc sur ses marques premiers prix, Eco +, affiche le Nutri-Score. Nous réclamons la généralisation du Nutri-Score (…) pour que chacun puisse choisir des produits de meilleure qualité», a-t-il affirmé. Il a également évoqué le développement de nouveaux outils de transparence comme l’Origine-score, qui indique sur les emballages l’origine des quatre principaux ingrédients des produits vendus, ainsi que le Carbone-score.

Enfin, face aux critiques, Michel-Edouard Leclerc n’a pas hésité à dénoncer une stratégie de communication ciblée : «Tout le monde vient me chercher, je vais le dire, ça paraît prétentieux, mais comme je suis numéro un sur les réseaux sociaux, et y compris l’enseigne, toute querelle qu’ils viennent nous chercher fait monter l’algorithme de celui qui vient nous chercher