Michel-Edouard Leclerc embarrassé. Depuis le 1er janvier, il est interdit de payer ses courses dans un supermarché avec des titres-restaurants. Cependant, dans les faits, ce moyen de paiement reste accepté dans de nombreuses enseignes. Invité sur le plateau de BFMTV, le patron du groupement Leclerc a préféré esquiver le sujet en renvoyant la balle au gouvernement. «Officiellement, je ne peux pas vous dire que c'est possible», a-t-il d’abord affirmé.

«Dans la réalité, c'est une impréparation de ce dossier par les parlementaires, c'est une victimisation de la censure. Le gouvernement a déjà annoncé qu'il va très vite prendre des dispositions pour clarifier le système», a poursuivi le dirigeant de la grande distribution. Assurant respecter la loi, Michel-Edouard Leclerc a tenu à rappeler qu’il existe aujourd’hui «une liste de produits éligibles aux tickets repas». «On est dans une période que le député lambda, puisque ce n’est même pas idéologique, n’a pas anticipé. On nous dit ‘mais si, on va vous le rétablir’, mais objectivement, la loi ne l’a pas encore rétabli», a-t-il déclaré.

Le texte présenté au Sénat le 15 janvier

Pour rappel, la dérogation, accordée depuis 2022, permettant l’utilisation des titres-restaurants pour les dépenses courantes dans les magasins n’a pas été prolongée pour 2025, en raison de la censure du gouvernement de Michel Barnier début décembre. Les produits non directement consommables, comme le riz, les pâtes ou les œufs, ne peuvent donc, en théorie, plus être payés avec les tickets-restaurants.

Le Sénat doit examiner le 15 janvier une proposition de loi visant à prolonger l’utilisation des titres-restaurants pour les courses alimentaires au supermarché. Déjà adopté par l'Assemblée nationale, ce texte devait être examiné il y a quelques semaines au sein de la chambre haute si le gouvernement Barnier n'avait pas été renversé.

Cependant, les deux chambres du Parlement ne sont pas encore d'accord sur le calendrier de la mesure : l'Assemblée a voté pour une prolongation jusqu'à fin 2026, alors que le Sénat a opté pour une limite à fin 2025 durant ses travaux en commission.