
La flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient ravive les inquiétudes dans la grande distribution. Si, pour l’heure, les prix en rayon restent stables, certains produits pourraient être touchés dans les prochains mois, prévient Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des magasins E. Leclerc. Invité sur TF1 ce lundi 27 avril, le dirigeant rappelle que la hausse du baril de pétrole ne se limite pas aux carburants. Elle se répercute sur l’ensemble de la chaîne de production, notamment via le transport et les emballages.
«Aujourd’hui, tout ce qui est vendu dans les magasins a été acheté avant le conflit», explique-t-il, citant l’épicerie sèche, les surgelés. «On sort d’une période de négociations. Dans ces accords, il y a des droits de réajuster. Par exemple, les transporteurs paient plus cher, donc sur facture, on intègre les nouveaux coûts des transporteurs», précise-t-il ensuite. Dans ce contexte, il estime que «oui, il y aura des hausses».
Une répercussion inévitable liée à la pétrochimie
Si les tensions géopolitiques persistent, plusieurs produits pourraient ainsi être concernés dans les six prochains mois. Il cite notamment : les produits avec emballages plastiques, les bouteilles d’eau et de lait, les sacs-poubelle et certains produits d’hygiène comme les préservatifs. «Il y a de la pétrochimie derrière, donc forcément il y aura une répercussion si le conflit dure», avertit-il. Pour autant, le distributeur se veut rassurant. «Aujourd’hui, il n’y a pas lieu d’augmenter les prix», insiste-t-il. «Maintenant pour ce qui concerne les 6 mois à venir ça va dépendre de combien ils auront réellement acheté sur le marché. On ne va pas nous recommencer le coup de la guerre en Ukraine (…) où on nous demandait +38% sur les pâtes parce qu’une partie de l’Ukraine était paralysée», prévient-il.
Michel-Edouard Leclerc appelle à la prudence dans les discussions à venir. «Cette fois-ci, on dit aux industriels on ne veut pas renégocier l’intégralité de ce qu’on vient de négocier, s’il y a des ajustements, on n’est pas idiots, on écoutera. On n’est pas pour la mort du petit cheval, par contre faut pas non plus commencer à ouvrir les vannes, donnant l’impression aux spéculateurs qu’ils vont pouvoir vendre plus cher alors même qu’il faut négocier», a-t-il déclaré.
Et de conclure : «On va pas filer comme ça les clés de la hausse des prix. Tout industriel est en droit de dire ‘j’ai des hausses’, mais on est en droit de dire, distributeur, de dire ‘on peut les étaler, les négocier’».



















