Michel-Edouard Leclerc a été clair ce jeudi 12 février sur RMC : non, il ne sera pas candidat en 2027. «Je n'aspire pas à être président», a-t-il lancé, souhaitant toutefois «faire passer des idées politiques». Parmi elles, le patron du groupement Leclerc a évoqué les salaires français qu’il trouve trop bas dans une période où le budget des ménages souffre. «Chaque Français a un budget, et aujourd’hui, la partie arbitrable de son budget est très faible», a-t-il souligné alors que le pays sort d’une période d’inflation de 28% sur l’alimentaire.

Prenant exemple sur ses clients, Michel-Edouard Leclerc révèle que leur budget dans l’alimentaire représente 20%. «C’est énorme cette ponction», a-t-il déploré au micro de RMC. Il avance donc une idée : «Si j'étais décideur, pour rassurer et relancer l’économie française j'essaierais de trouver de la croissance en augmentant le pouvoir d'achat des Français par l'augmentation des salaires, déchargés de ces cotisations qui bloquent les salaires dans le bas.»

Une hausse de la TVA sur les produits importés ?

Mais où aller les chercher ? Le patron du groupe de grande distribution a mentionné les fonds de capitalisation, mais surtout «une hausse de la TVA sur les produits importés» qui «élargirait énormément la source de financement du système social». Toutefois, un autre élément, qu’il a déjà évoqué ces derniers mois, permettrait de rapporter beaucoup d’argent : «Faire cotiser les concurrents du travail». Il a cité tour à tour le numérique, l’Intelligence artificielle ou la robotique.

D’autant que le danger est grand, selon Michel-Edouard Leclerc, avec le vieillissement de la population et beaucoup moins de gens au travail. «Même si on relocalise des entreprises textiles, de jouets de Chine, ça sera robotisé aussi, car on ne voudra pas de salariés (payés) au lance-pierre», a tancé le grand patron. Il a dénoncé au passage ce sujet «tabou en France de dire que pour faire vivre une génération après son temps de travail, on va chercher de la ressource que sur ceux qui travaillent».

Ce plaidoyer pour une augmentation des salaires, Michel-Edouard Leclerc le tient depuis des mois. En janvier 2025, il avait acquiescé les propos du président de Michelin, et rappelé que «tout le monde pourrait donner plus de salaires s’il y avait moins de cotisations et moins de charges». Il militait pour que «l’on rapproche le salaire net du salaire brut». En mai, il dénonçait la «concurrence de manière discriminatoire par des substituts au travail, qui ne paient pas de charges sociales» et regrettait encore il y a quelques semaines que «le travail ne paie pas».